Annoncé à grand coup de communication et de descentes sur le terrain en 2015, le programme de rénovation des bâtiments administratifs et d’habitation publics semble avoir été rangé aux oubliettes de la direction générale du Budget et des Finances publiques (DGBFIP).

L’immeuble du Trois-Quartiers à Libreville. © Gabonreview

 

Jean-Fidèle Otandault, en visite au Trois-Quartiers, en juillet 2015 à Libreville. © Gabonreview

Jean-Fidèle Otandault aurait-il oublié la promesse faite aux habitants de la cité des quartiers dits Trois-Quartiers, Pavillon, CI ; et les espoirs suscités chez ceux vivant dans les immeubles Branly, Gyennot et Gabon 2000 ? L’on serait tenté de répondre par l’affirmative, au regard de l’état actuel de ces bâtiments. Très peu a changé depuis l’annonce du lancement d’un programme de réfection et de rénovation des bâtiments administratifs et d’habitation publics en juillet 2015.  Pourtant, il y a bientôt deux ans, le directeur général du Budget et des Finances publiques était apparu confiant sur la matérialisation de ce projet. Des descentes avaient été effectuées sur le terrain, notamment à Libreville. Depuis, plus rien. On accuse «la crise».

A l’époque, l’objectif de Jean-Fidèle Otandault était clair : il fallait, au plus vite, «assainir la vie et les conditions de travail des agents de l’Etat», tout en cherchant à donner une image plus reluisante de la capitale. Pour ce faire, la DGBFIP avait jugé nécessaire de faire un état des lieux de l’étendue des dégâts dans les bâtiments affectés au logement des agents publics. Au terme de cette opération, avec le quitus du ministère du Budget et des Comptes publics, elle s’était résolue à passer à l’action : rafraîchir certains et réhabiliter entièrement d’autres. Ce fut particulièrement le cas des bâtiments des Trois-Quartiers dans le 1er arrondissement, l’un des plus endommagés, qui constitue de plus en plus un problème de santé et de sécurité pour les résidents.

Le Camp de police à Libreville. © Gabonreview

Entre les problèmes liés à la plomberie et à l’électricité dans les appartements, les sanitaires, l’évacuation des eaux usées et la vétusté de certains bâtiments, dont les murs menacent désormais de tomber, il est urgent que le gouvernement se penche à nouveau sur la rénovation de son patrimoine. Jusqu’à lors, seule la partie liée à la réhabilitation de quelques écoles a pu trouver un financement. Près de deux ans après avoir montré sa bonne volonté à faire changer les choses, la DGBFIP rechignerait-elle à consentir un financement pour la sécurité et le bien-être des agents logés par l’Etat ?

Evalué à 11 milliards de francs CFA, le programme de réhabilitation et réfection des logements administratifs de Libreville aurait déjà dû faire l’objet d’appels d’offres dès août 2015. Jean-Fidèle Otandault avait tablé sur la réfection de 407 appartements dans la capitale, précisément au camp de police, à l’Université Omar Bongo, à Nkembo et aux Acaé. Il avait dit prioriser les PME locales pour la mise en œuvre des travaux. Jusqu’à lors la matérialisation de ce projet reste attendue.