Le Gabon, le Bénin, le Sénégal et plusieurs pays ont réclamé le 1er juin, sous l’égide de l’Unesco, la restitution des biens culturels pillés durant la colonisation.

Le Gabon réclame ses biens culturels pillés durant la colonisation. © D.R.

 

Le ministre d’État à la Culture, Alain Claude Bilie-By-Nze aux côtés d’autres ministres originaires du Bénin, du Sénégal, du Pérou, du Liban, de la Jordanie, ont plaidé le 1er juin, à l’occasion de la conférence internationale sur la «circulation des biens culturels et patrimoine en partage», organisée par l’Unesco à Paris, pour la restitution des biens culturels pillés durant la colonisation.

Le ministre d’État à la Culture, Alain Claude Bilie-By-Nze, le 1er juin à l’Unesco. © Gabonreview/Capture d’écran

L’objectif de cette rencontre était d’ «ouvrir de nouveaux espaces de dialogue entre les pays dont sont originaires ces objets et ceux qui les conservent, en dépassant les seules questions juridiques, afin de proposer des solutions et des outils pour les États», a rappelé la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay.

Si l’engagement affirmé du président français, Emmanuel Macron, à Ouagadougou en novembre dernier, de mettre en œuvre d’ici à cinq ans des restitutions temporaires ou définitives de biens culturels africains à leurs pays d’origine est salué par certains observateurs, pour Alain Claude Bilie-By-Nze et ses pairs, cette échéance peut être revue à la baisse.

 «Nous pensons que cinq ans, c’est long. Il faudrait aller sur une échéance de trois ans, soit une première année pour bien préparer les éléments juridiques ensemble, une seconde année pour évaluer le nombre d’objets concernés et la troisième année, démarrer la restitution de ces biens culturels», a-t-il déclaré à TV5 Monde. Pour la ministre française de la Culture, Françoise Nyssen, il est «inadmissible qu’une large part du patrimoine culturel de plusieurs pays africains soit retenue dans des collections privées et des musées européens.»

L’Unesco soutient depuis plus de 40 ans le combat des pays qui, en Afrique et ailleurs, exigent la restitution de leurs biens culturels disparus lors de l’époque coloniale dans des circonstances discutables. «Un sujet au cœur de bien des passions qui emporte avec lui les questions d’identité, de mémoire, de souveraineté. Cette prise de conscience, ce n’est pas qu’une affaire d’experts, de gens du patrimoine, c’est très présent aussi dans l’esprit de la jeunesse d’aujourd’hui», a souligné la directrice générale de l’Unesco.