Le processus de construction de l’unité de fabrication d’ammoniac et d’engrais du Gabon a été mis en branle. Il nécessite la formation d’agents de la SEM et de jeunes bacheliers au Maroc.

Le DG de la SEM (costume noir) avec les étudiants. © SEM
Le DG de la SEM (costume noir) avec les étudiants. © SEM

 

Estimé à 2,3 milliards de dollars, le projet relatif à la construction d’une unité de fabrication d’ammoniac et engrais au Gabon semble en bonne voie, à en juger par le partenariat entre la Société équatoriale des mines (SEM) et l’Office chérifien des phosphates (OCP). Suite à la signature du contrat, le 6 mars dernier, ce projet dont la matérialisation est annoncée pour 2018 et qui est censé générer plus de 5 000 emplois directs et indirects, est en bonne voie. Pour Fabrice Nze-Bekale et Mostapha Terrab, respectivement DG de la SEM et PDG de l’OCP, son succès passe inéluctablement par la formation.

Pour ce faire, un appel à candidatures a été lancé par l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG). 94 jeunes bacheliers désireux d’intégrer l’Ecole de management industriel de l’Université Mohammed VI Polytechnique du Maroc y ont répondu. Si au terme de la présélection 18 dossiers ont été jugés favorables, seuls cinq ont satisfait aux épreuves orales de mathématiques et sciences physiques organisées par les enseignants marocains. Dan Japhet Mateya, Jurissia Djélida Mvou-Oyabi, Stelinn Glenn Ngodje Leyina, Fred Stevy Nkoghe Saya Mackika et de Carl Josué Tali Atoundou, qui ont depuis débuté leur formation, bénéficieront à la fois d’une bourse d’études offerte par l’OCP, qui couvre les frais de scolarité et d’hébergement, et d’une allocation mensuelle versée par l’ANBG.

Outre ces étudiants, 2 agents de la SEM, notamment le directeur de la Géologie et de la Mine et celui du Comptoir gabonais de collecte de l’or (CGCO), bénéficient d’une formation au Maroc, qui vise le renforcement des capacités. Inscrits dans le programme de formation dénommé «OCP executive development program», initié par l’OCP et HEC, les 2 agents bénéficieront de huit semaines de formation comprenant huit modules parmi lesquels la macro-économie, la gestion des hommes, le pilotage des performances, le développement durable, l’industrie, la finance et les relations internationales.

Si l’Etat gabonais et le royaume chérifien disent miser sur la formation, c’est parce que, dit-on, la production de ce complexe, estimée à 2 millions de tonnes par an, sera destinée aux pays africains où la demande en engrais est particulièrement forte, alors que le continent ne représente que 3% de la consommation mondiale d’engrais selon l’Organisation des Nations-unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).