Dans sa dernière analyse sur le paludisme, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) récence onze pays concentrant plus de 70 % des cas. Dix d’entre eux sont des pays africains concentrant à eux seuls 150 millions sur 219 millions mondial en 2017.

Dix pays africains concentrant à eux seuls 150 millions sur 219 millions mondial en 2017. © D.R.

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le 19 novembre son dernier rapport sur le paludisme. Dans cette publication, l’Afrique est la première victime de l’épidémie loin devant l’Asie du sud. Dix de ses pays concentrent à eux seuls 150 millions de cas et 275 000 décès sur les 219 millions recensés en 2017 dans le monde. Il s’agit du Burkina Faso, le Cameroun, le Ghana, le Mali, le Mozambique, le Niger, le Nigeria, l’Ouganda, la République démocratique du Congo et la Tanzanie.

Selon l’agence de l’Organisation des Nations unies, à elle seule, l’Afrique a enregistré 93 % des décès liés au paludisme au niveau mondial en 2017. Sept pays de ce continent concentre plus de la moitié des décès (53 %). Le Nigeria arrive en tête de ce triste palmarès, avec 19 % des morts à lui seul. Il est suivi par la RDC (11 %), le Burkina Faso (6 %), la Tanzanie (5 %), la Sierra Leone (4 %) et le Niger (4 %). L’Inde, avec son milliard d’habitants, n’arrive qu’à la fin de cette liste, avec elle aussi 4 % des décès.

«Personne ne devrait mourir du paludisme. Mais le monde fait face à une nouvelle réalité : avec la stagnation des progrès, nous risquons de dilapider des années de travail, d’investissements et de succès dans la réduction du nombre des personnes souffrant de cette maladie», déplore le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Cependant, selon les scientifiques de l’OMS, si l’on prend plus de recul et que l’on compare les données 2017 à celles de 2010, la mortalité liée au paludisme a diminué dans toutes les régions du monde, à l’exception des Amériques. Les baisses les plus prononcées ont été observées en Asie du Sud-Est (54 %), en Afrique (40 %) et en Méditerranée orientale (10 %).

«Cette pointe d’optimisme doit cependant être pondérée par l’inversion de la courbe en 2015. Car, même si c’est sur ce continent qu’ont été enregistrés 88 % de la diminution des 172 000 décès par rapport à 2010, cette zone géographique reste la plus durement touchée», souligne le rapport.