Vivre au Gabon sans connaître Pahé, c’est forcément une hérésie. Non pas l’aimer ou aimer ce qu’il fait, ce serait trop facile, même si certains ont la faiblesse de l’avouer… Non, détester Pahé, le maudire, lui en vouloir pour toutes les méchancetés qu’il fait à nos «grands kelkuns» nationaux ! Et pas uniquement à eux.

Pahé, ne vous fiez pas à son petit air farceur ! - © D.R.

Pahé, ne vous fiez pas à son petit air farceur ! – © D.R.

Difficile d’ignorer Pahé quand on s’intéresse au Gabon, encore moins quand on y vit. Dessinateur génial ne sachant pas dessiner, humoriste ventriculaire (qui fait palpiter les ventricules) mais qui ne sait pas rester à sa place, taquin plutôt méchant quand il s’en prend à vous ou à un de vos amis, hilarant quand vous n’êtes pas concernés par la cible de ses pitreries, Pahé est un véritable loustic.

Le vrai visage de Pahé ! - © Pahé lui même

Le vrai visage de Pahé ! – © Pahé lui même

Il ne faut pas faire confiance à Pahé. Tout ce que vous direz devant lui sera pris dans le sens que vous cherchez absolument à éviter. Il ne faut pas non plus le croire quand il vous charme avec ses mots gentils, qu’il vous regarde avec ses grands yeux bovins… Non, Pahé est un traitre. Il saura utiliser le plus simple de vos bonjours pour faire rire le reste du Gabon.

Fréquenter Pahé n‘est pas un enfer, c’est pire ! D’autant que chaque personne que vous croiserez en sa compagnie a déjà, un jour ou l’autre, fait les frais de son humour caustique et que vous n’avez pas forcément l’impudence nécessaire pour supporter son regard, lui ouvrir les bras et partir d’un grand rire fraternel. Pahé si !

Ne lui soufflez surtout pas une bonne idée, il en fera un dessin horripilant, caustique, persifleur… si vous trouvez un mot plus fort, plus atroce, plus abominable, utilisez le pour caractériser les dessins de Pahé !

Et c’est pour tout ça qu’il faut aller lui dire en face, à Pahé, ce qu’on pense de lui, de ses dessins qui nous font tellement rire qu’on se sent ridicule même quand on est tout seul, de son humour persifleur et désopilant sur le Gabon, les gabonais et ceux qui les fréquentent.

Il faut absolument profiter de cette séance de dédicaces qu’il a imprudemment organisé le samedi 8 décembre 2012 à la Maison de la Presse, face à l’hôtel Méridien, pour lui montrer que quand on est très nombreux et lui tout seul, il fait moins le malin !

Best of Pahé à la Maison de la Presse

Best of Pahé à la Maison de la Presse

Voilà, in extenso, le texte que cet effronté a osé m’envoyer sur mon mail pour annoncer cette journée de dédicaces :

C’est à l’époque de BD Boom, lorsque j’étais encore dans cette association des auteurs gabonais de bd que j’ai rencontré pour la première fois Monsieur Doval père de la maison de la presse. Il avait adoré une caric de moi sur son fils Roland dans laquelle ce dernier disait : “un jour papa, je prendrai ta place” et le père de répondre: “En attendant, finis de ranger les cartons !” Monsieur Doval me demanda alors, “Pahé j’aimerai bien que tu fasses des livres sur l’actualité gabonaise, les clients, surtout les européens en demandent. Le jour où tu en feras, je serai preneur!”

Ces paroles ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd puisque plusieurs années après, je suis revenu voir le fils Roland, le père ayant passé la main. J’ai commencé à mettre en dépôt vente, (je ne pouvais passer par le distributeur Sogapresse qui prenait trop cher à mon goût) à la maison de la Presse, mes productions locales : “Gabonaises, Gabonais…” “Ces bouilles célèbres de Gabao”, “Les Choses du pays”, “Ali 9, roi de la république gabonaise”, “Laissez-nous avancer”. Les albums se vendaient comme des petits bouts de manioc. Le public en redemandait. Environs tous les 2 mois j’allais proposer un autre album. Roland Doval m’a dit: “écoute Pahé, tu es très prolifique, j’aimerai qu’on fasse un travail comme l’album que j’ai fais avec Lybeck (Les Gabonitudes). Peux-tu me proposer quelque chose de prêt qu’on publierai pour noël 2012 ?” Le projet Best of Pahé est donc né !

En 132 pages toutes en couleur, je raconte une histoire, une histoire avec mes meilleurs dessins de presse sur le social et surtout le politique du Gabon, avec mon ton, avec mon humour à la moi, en veux-tu, en voilà. Je raconte en 132 pages l’histoire du Gabon, avec Léon Mba, Omar Bongo, l’arrivée de l’Émergence, l’opposition gabonaise, les nombreuses ethnies du pays à savoir : Elf, Rougier, Veolia, Axxa… de l’humour à la moi vous dis-je. Tout y passe, point de censure, La Maison de la Presse m’a laissé libre cours, et d’ailleurs, je m’autocensure. Point de polémique.

Via mon adresse électronique, des personnalités politiques du pays m’ont juré qu’elles seraient présentes à la dédicace, pour se faire croquer. Chiche!

Pour terminer, je tenais à remercier mes lecteurs, sans qui, je ne suis rien.

Le 8 décembre, ceux qui détestent mon travail, vont encore plus… m’adorer !

Merci encore à vous !

NB: Lybek et Privat Ngomo seront présents