Convaincu de ce que la récente plainte déposée en France par un franco-gabonais au sujet de l’attaque du QG de Jean Ping est basée sur des contrevérités, le jeune leadeur de l’opposition a affirmé, vendredi 21 juillet, que c’est le candidat de l’opposition à la présidentielle d’août 2016 qui prévoyait d’attaquer l’armée gabonaise.

Le membre fondateur du Fujo, Pacceli Bikoro, le 21 juillet 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Ses «révélations» sont graves. Pourtant, Pacceli Bikoro, membre fondateur du Front des jeunes de l’opposition (Fujo), les assume et assure qu’il n’y a rien de plus vrai. D’autant que lui, promoteur du concept «Jean Ping c’est dosé» et proche collaborateur du fils du candidat de l’opposition pendant la campagne électorale, était au cœur de la machine. Il aurait vu la galaxie Ping fomenter, en août 2016, «des projets machiavéliques». L’un de ceux-ci prévoyait de «lancer une attaque contre toutes les forces armées et de défense du Gabon». Il dit en avoir eu connaissance au cours d’une réunion en comité restreint au QG de campagne de Jean Ping dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2016, peu avant l’assaut donné audit QG par l’armée.

«Ce plan consistait à fabriquer des cocktails extrêmement toxiques à base de produits importés», raconte le jeune leader opposant, avant de préciser que celui-ci «consistait concrètement à faire le mélange de tous ces produits et laisser fermenter quelques minutes». Une équipe de jeunes recrutés pour la tâche était chargée de jeter les bouteilles contenant ledit cocktail à tous les endroits où étaient disposés les agents des forces de défense, de telle sorte que le produit toxique s’évapore. Selon les explications que Pacceli Bikoro dit avoir reçues de certains soutiens de Jean Ping lors de la fameuse réunion nocturne, «après inhalation, ces cocktails entrainent une perte de connaissance immédiate et dans certains cas la mort en moins de dix minutes». N’eut été l’intervention de l’armée, affirme-t-il, avant la mise en pratique de ce projet auquel il ne nie pas avoir participé en transportant les produits jusque dans le QG de Jean Ping aux Charbonnages, ce sont donc des dizaines de soldats gabonais qui auraient subi des violences.

Pourquoi Pacceli Bikoro a-t-il tenu à faire ces «révélations» aujourd’hui ? L’intéressé répond que c’est en raison de la récente plainte déposée en France par un franco-gabonais qu’il assure «très bien» connaître pour l’avoir lui-même intégré dans la galaxie Ping. Selon lui, «sa plainte est basée sur une version totalement tronquée» des événements du 31 août 2016. Le membre du Fujo soupçonne une tentative de manipulation de l’opinion nationale et internationale sur cette question. Ayant requis l’anonymat depuis le dépôt de sa plainte, le sujet franco-gabonais accuse l’Etat gabonais d’«arrestation et détention arbitraire en bande organisée, torture et actes de barbarie en bande organisée, tentative d’assassinat et crime contre l’humanité». Suite à cette seconde plainte, le parquet de Paris a récemment annoncé l’ouverture d’une information judiciaire.

S’il dit espérer que le plaignant se ravise et retire sa plainte après ses «révélations», Pacceli Bikoro assure toutefois qu’il est disposé à prouver ce qu’il allègue, aussi bien devant la justice gabonaise que française.