En prélude à l’événement, Origin’Elles, qu’elle organise le 7 avril 2018, le mannequin Ysis Gwladlys Makoudou Mangoua, fondatrice de GladFashionRoots, décline dans cette interview accordée à Gabonreview les contours de cette manifestation artistique réunissant sur la même scène, la mode, le théâtre et le Slam.

Ysis Gwladlys Makoudou Mangoua, promotrice de l’événement, Origin’Elles, lors de ses prestations artistiques. © D.R.

Gabonreview : Vous organisez dans deux semaines un événement culturel à Libreville. Qui est Ysis Gwladlys Makoudou Mangoua?

Ysis Gwladlys Makoudou Mangoua : C’est une jeune Gabono-Camerounaise, diplômée en Action commerciale, à l’Institut national des sciences de gestion. Je me suis lancée dans le milieu artistique et culturel en 2006, en intégrant une agence de mannequin afin de réaliser mon rêve de petite fille. Ysis est top model, coach, mannequin, directrice artistique, manager d’artistes, actrice, comédienne, chorégraphe de mode, chanteuse, danseuse, entrepreneur culturel et bientôt créatrice de mode.

Je me présente donc comme pluridisciplinaire et je suis mère de deux petites filles. J’ai créé mon entreprise, GladFashionRoots, en 2015. Elle est axée sur l’information, la promotion, la formation des acteurs d’événements culturels et le développement. GladfashionRoots est aussi un concept parce que c’est le rond-point de mes multiples cordes qui, selon les inspirations, accouchent de quelque chose. Je la représente comme une maison. La maison où les rêves deviennent réalité. Enfin, il s’agit également d’une griffe de ligne de vêtements.

Origin’Elles, c’est votre prochain événement. De quoi s’agit-il ?

Origin’Elles marque la sortie officielle de GladFashionRoots, avec la présentation de ma toute première collection en tant que créatrice de mode. Ce n’est pas juste un défilé de mode, mais un spectacle. C’est la rencontre de la danse, de la mode, du théâtre et du slam, pour un divertissement apaisant.

© D.R.

Où et quand se déroulera cet événement et qui sont les participants?

Le défilé se fera le 7 avril 2018 au Karé F à Glass, dans le 4e arrondissement de Libreville. Il y aura en ouverture de rideaux les prestations des groupes de danse No Fear et Worrior Street. Ensuite Evryhair-Cup fera un défilé capillaire. Le rappeur FANG, les stylistes Mains, Merveilles créations, DRMAR et l’artiste Vickoss Ekondo seront de la partie. Le droit d’entrée est de 25.000 francs CFA et 15.000 francs CFA, avec cocktail.

A qui est destiné cet événement et quel est le but visé?

L’événement est destiné à tout le monde, sans distinction aucune. L’objectif étant de passer un bon moment après une journée stressante. Il est aussi bon de rappeler ici que l’événement permettra de faire découvrir de jeunes  talents. Une démarche qui donne forcément une opportunité aux acteurs culturels d’exprimer leur talent et de se faire connaître du grand public.

Pensez-vous que les acteurs gabonais du secteur ont assez d’outils pour aller à la conquête du marché extérieur ?

Consciente des difficultés des acteurs et du milieu, je pense avoir déjà changé la donne en réussissant à réaliser mon rêve au niveau national, sans forcément aller hors du pays. Car, j’ai su créer et être autonome sans l’aide d’une agence. J’ai réussi à me faire connaître avec mon diplôme en marketing, je me suis vendue moi-même comme un produit et à un moment de ma carrière j’ai dû choisir. Au lieu de faire une carrière internationale, j’ai préféré me servir de mon expertise dans le milieu pour aider les jeunes qui me considèrent comme leur modèle à réaliser leur rêve. J’essaie juste de leur montrer que tout est possible avec beaucoup de confiance en soi, de travail, de détermination et de discipline. GladFashionRoots est le fruit de cette ambition à vouloir faire ma part, pour l’évolution de ce secteur. Je suis devenue coach mannequin, parce qu’il fallait que j’enseigne aux autres ce que j’ai acquis et que d’autres n’ont pas. Je milite pour que les mannequins, au niveau national, soient respectés parce que c’est un métier à part entière. Je pense également qu’il est temps de démystifier le  milieu pour que de véritables talents éclosent. Je déplore juste le manque de solidarité et cette guerre d’égo qui priment dans le milieu. Mais, j’ai la ferme conviction qu’avec beaucoup de maturité et d’humilité, les différents acteurs de ce domaine vont s’assoir, un jour, autour d’une table pour mettre en pratique certaines choses encore utopiques, afin que le milieu soit bien organisé, structuré et enfin rentable.

Quel événement après celui du 7 avril ?

Les objectifs à long terme sont nombreux. Après le défilé, j’aimerais débuter avec une session de master-classes sur l’information et la promotion des différents métiers de la mode peu connus. Ça c’est dans l’immédiat et le but est de parvenir à organiser, l’année prochaine au Gabon, une Fashion Week avec un contenu inédit.