Après avoir récemment démissionné de l’Union nationale, Mike Jocktane fait un diagnostic des agissements qui plombent la marche de l’opposition dans sa quête du pouvoir.

Mike Jocktane. © Urban FM

 

L’un des anciens vice-présidents de l’Union nationale (UN, opposition), en rupture de ban avec son ancienne famille politique, pour avoir pris part au dialogue politique convoqué par Ali Bongo, s’est livré à un diagnostic de l’opposition qu’il juge dépourvue de pragmatisme politique.

Pour Mike Jocktane, «c’est le refus d’une réflexion honnête et profonde» qui détermine « le gros drame qui affaiblit les partis de l’opposition». L’aspiration au changement, seule valeur partagée selon lui, reste insuffisante devant les postures superficielles, le manque de discipline, de méthode, de stratégies et donc d’efficacité pour la conquête du pouvoir. «Ce manque de rigueur intellectuelle au plus haut niveau de ces partis est sur le point d’avoir raison d’eux», fait-il observer.

En comparant les déboires de l’opposition gabonaise à celles de la gauche française, l’homme de Dieu semble rappeler que la sagesse commande de s’inspirer des erreurs des autres. «Le parti socialiste en France le paye à ses dépens. Il l’a payé à présidentielle et il le paye encore aux législatives», a-t-il précisé.

Dans ce regard rêche, Mike Jocktane met également en relief l’incapacité de l’opposition à tirer les enseignements après des échecs. «Même une mutuelle de développement de village qui ne regorge pas forcément de grands intellectuels s’oblige chaque année à faire le bilan de ses activités. Cela lui permet de corriger et d’améliorer ce qui n’a pas fonctionné», affirme-t-il.

Alors que l’opposition gabonaise est actuellement partagée entre résistance et résignation, il suggère à cette opposition «…de compter sur elle-même pour mener la bataille de la souveraineté pour le peuple. Pour espérer survivre dans le marigot politique gabonais, l’opposition devra nécessairement faire sa mue. Elle ne pourra pas longtemps encore faire l’économie de son bilan».

De même, il a exhorté son camp politique à «surmonter son arrogance actuelle qui consiste à croire (naïvement qu’elle est ultra majoritaire au Gabon et que les Gabonais l’attendront ad vitam aeternam, nonobstant le fait qu’elle n’a à ce jour tenu aucune de ses promesses».

Devant le cycle des revers enregistrés, Mike Jocktane plaide pour une remise à plat du fonctionnement de l’opposition. «L’histoire de nos échecs se répète inlassablement. Tout est à refaire, et cela passe par notre sens d’engagement sérieux pour défendre avec honneur les aspirations du peuple gabonais. Nous rêvons d’un Gabon nouveau, débarrassé des rancœurs et de la haine. C’est ensemble que nous y arriverons», a-t-il espéré.

Mike Jocktane a terminé par une exhortation en faveur de la paix. «Chers leaders de l’opposition, si l’on veut que nos partis re-(fassent) encore rêver nos compatriotes, il est nécessaire que nous redescendions sur terre. Que nous prenions pied avec la réalité et le quotidien de la majorité de nos concitoyens qui en vérité, je vous le dis, n’aspirent aujourd’hui à rien d’autres qu’à la paix et au développement. Ceci passe nécessairement par le pardon, la réconciliation vraie et ce, en dépit de la crise grave que notre nation a connue», a-t-il indiqué.

Auteur : Alain Mouanda