Le parti présidé par René Ndemezo’o Obiang serait-il en passe de «tuer» celui de Zacharie Myboto, secoué par des discordes internes depuis des mois?

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Démocratie nouvelle (DN) serait-il en passe de voler la place de «leader de l’opposition» à l’Union nationale (UN) ? S’il faut attendre les résultats des prochaines élections législatives pour l’affirmer, il reste que ces derniers mois sur le terrain, le parti présidé par René Ndemezo’o Obiang semble plus populaire. Ce parti a été plus «réaliste» pour certains qui estiment que son leader a adopté la meilleure position et a eu la meilleure attitude, face à la crise politique issue de la réélection contestée d’Ali Bongo en août 2016.

En choisissant de prendre part au dialogue initié par le président de la République, boycotté par Zacharie Myboto, un des principaux alliés de Jean Ping, le président de DN s’est attiré l’estime de plusieurs militants de l’UN. Depuis, des dizaines d’anciens militants du parti du défunt André Mba Obame, cadres y compris, ont rejoint le parti créé en avril 2016 sur les cendres du Conseil du salut de la République (CSR). Après une première vague de militants de la province du Woleu-Ntem amenée par Guy Serge Ekouma Nzué en mai dernier, un mois après, c’était autour de Ghislain-Ledoux Mbovoue Edou d’adhérer officiellement au parti. Le 24 juin, l’ancien coordonnateur national du mouvement des jeunes de l’UN avait dit voir en René Ndemezo’o Obiang «les valeurs politiques qu’incarnait André Mba Obame».

Récemment encore, le parti de Zacharie Myboto a connu une nouvelle saignée. Le 1er juillet, un groupe de militants du 4e arrondissement, précisément ceux du quartier Plaine-Niger, a décidé de rallier DN. Comme certains cadres s’étant déjà opposés aux différents choix du président du parti depuis la dernière présidentielle, Mme Menzene Reliwa-Bibang, l’ancienne vice-présidente des femmes de l’UN à l’Estuaire, a justifié sa démission par «l’irresponsabilité de la direction de l’Union nationale» face à la crise politique actuelle. De Patrick Eyogo Edzang à Mike Jocktane en passant par Estelle Ondo, le même reproche revient toujours au sujet des dissensions à l’UN : l’«absence de démocratie au sein du parti», dont serait responsable Zacharie Myboto. Espérons que Ndemezo’o Obiang soit, quant à lui, moins décrié sur la question. Pour l’heure, les récents démissionnaires ont affirmé qu’à l’UN, «la cause est perdue». DN serait en passe de «tuer» l’UN.