Invité le 5 mars au journal d’Afrique sur le plateau de TV5 monde, Vincent Hugeux, journaliste au magazine français L’Express, a qualifié l’opération Mamba de simple règlement de comptes contre les proches de Maixent Accrombessi.

Vincent Hugeux, sur le plateau de TV5 Monde, le 5 mars 2017. © Capture d’écran/TV5

 

L’opération Mamba lancée par l’Etat pour traquer les personnalités supposées avoir détourné des deniers publics, ne cesse de susciter des commentaires.

Si les autorités gabonaises y voient en elle, une action de justice visant à assainir la gestion des deniers publics, d’autres à l’instar de Vincent Hugeux, estiment qu’il s’agit d’une action politique menée contre les personnes jugées gênantes par le pouvoir.

A la faveur d’une intervention faite le 5 mars sur les antennes de TV5 monde, le journaliste de L’Express n’a pas tergiversé pour marquer son étonnement sur l’opération.

«Ce qui est troublant quand on regarde le casting de ceux qui sont épinglés jusqu’à maintenant, la plupart d’entre eux étaient des proches de Maixent Accrombessi, l’incontournable, l’intouchable directeur de cabinet d’Ali Bongo, actuellement en convalescence d’un accident vasculaire cérébrale (AVC) à Londrès en Angleterre», s’est étonné Vincent Hugeux.

Pour lui, «l’opération vise pour les autorités gabonaises, à se donner bonne conscience et plus de gages d’exemplarité, auprès du Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement Bad (…)».

A en croire Vincent Hugeux, l’opération Mamba est d’autant plus intéressante «qu’au fond, il y a là aussi une opération de Demaixentisation». D’autant que «tous ceux qui sont aujourd’hui frappés étaient perçus par l’entourage Téké du Haut-Ogooué comme proches de Maixent Accrombessi, dont l’influence était jugée excessive», a déclaré le journaliste.

Poursuivant son analyse, il a estimé que cette opération «incite à une certaine ironie, en ce sens qu’elle constitue un réveil tardif». Car, pour lui, «la probité n’a jamais été une valeur fondamentalement enracinée dans la mentalité de la classe politique gabonaise», a-t-il relevé, avant de s’interroger : «c’est maintenant qu’on découvre que ces gens on eu un comportement inconvenant ou répréhensible ? Soyons sérieux ! L’un d’entre eux a dirigé La poste pendant dix ans et d’autres ont été ministres, (…) et, c’est serait tout soudain qu’on découvrirait leur turpitudes?».

«Le fait d’endosser en quelque sorte les exigences de transparence et de probité à l’échelle internationale conduit avant tout à écarter les gêneurs», a-t-il conclu.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga