L’ancien Premier ministre béninois, en campagne discrète depuis plusieurs mois, souhaite devenir le quatrième patron de l’Organisation internationale de la francophonie, après Boutros Boutros-Ghali (Egypte), Abdou Diouf (Sénégal) et Michaëlle Jean (Canada). Le hic : l’actuelle Secrétaire générale est candidate à sa propre succession. Le Sommet d’octobre 2018 à Erevan en Arménie devrait trancher.

Estimant son bilan positif, Michaëlle Jean compte se présenter pour un second mandat à la tête de l’OIF. © michaellejean.ca

 

Lionel Zinsou, 63 ans – né le 23 octobre 1954 à Paris – , devrait être, sauf revirement, candidat à l’élection du Secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en octobre prochain. Date à laquelle s’achèvera le mandat de Michaëlle Jean, élue en novembre 2014 à Dakar (Sénégal) lors du Sommet des chefs d’Etat de l’organisation, au cours duquel elle avait succédé au Sénégalais Abdou Diouf. Après trois mandats de quatre ans passés à la tête de la haute institution francophone, l’ancien chef de l’Etat sénégalais avait en effet, à presque 80 ans, choisi de ne pas solliciter un mandat supplémentaire.

Lionel Zinsou, présenté comme un proche d’Emmanuel Macron, a fait part de son intérêt pour la direction de l’institution internationale. Il mène actuellement une campagne discrète auprès de dirigeants de certains Etats membres de l’organisation. Selon certaines sources, l’économiste et banquier d’affaires franco-béninois voudrait redonner à l’OIF une «âme économique» susceptible d’appuyer  «les économies des pays les moins nantis de l’institution».  L’ancien Premier ministre de Thomas Boni Yayi deviendrait, s’il est élu, le quatrième patron de l’organisation, après l’Egyptien Pierre Boutros Boutros-Ghali (1998-2002), le Sénégalais Abdou Diouf (2002-2014) et la Canadienne Michaëlle Jean. Mais cette dernière compte bien se présenter pour un second mandat, comme le lui autorisent les textes de l’OIF. Ceux-ci disposent que «le mandat du Secrétaire général peut être renouvelé». Estimant que son bilan est positif, Michaëlle Jean compte se prévaloir de celui-ci pour convaincre les «grands électeurs».

D’autres personnalités ont déjà fait part de l’intérêt qu’elles portent à cette institution internationale. Notamment de la Camerounaise Calixthe Béyala.

Après Montreux (Suisse) en 2010, Kinshasa (République démocratique du Congo) en 2012, Dakar (Sénégal) en 2014 et Antananarivo (Madagascar) en 2016, la prochaine Conférence des chefs d’Etat de la Francophonie se tiendra à Erevan (Arménie) en octobre 2018.