Vis-à-vis des citoyens du même continent, les pays africains sont de moins en moins ouverts les uns aux autres, et l’obtention des visas s’avère toujours plus difficile. Sur 55 pays, le Gabon est classé 48e.

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«J’ai besoin de 38 visas pour me déplacer en Afrique», s’est toujours plaint Aliko Dangote, le président du Groupe Dangote. Ces dernières années, rien n’a été facile pour le milliardaire nigérian ayant voyagé plusieurs fois à travers le continent. Seulement, il est loin d’être le seul. La seconde édition de l’Indice d’ouverture des visas en Afrique, lancé vendredi 19 mai par la Banque africaine de développement (BAD), en collaboration avec la commission de l’Union africaine et le Forum économique mondial (FEM), montre que la facilitation de l’obtention des visas dans plusieurs pays n’est pas totalement acquise.

Mais dans l’ensemble, relève l’Indice, «les Africains ont pu voyager plus librement à travers le continent en 2016». Le niveau d’ouverture des pays s’est amélioré par rapport à 2015, bien que des différences régionales persistent encore, en termes d’ouverture sur les visas. En guise d’exemple, 75% des 20 pays les plus ouverts se trouvent en Afrique de l’Est et de l’Ouest et 20% en Afrique australe. La Mauritanie est le seul pays d’Afrique du nord classé et aucun pays de l’Afrique centrale ne figure parmi les 20 premiers. Ainsi, le Ghana, classé 6e, a le plus progressé dans l’ouverture de ses frontières aux voyageurs africains, gagnant ainsi 16 places par rapport à 2015. Le Sénégal, 15e en 2016, intègre le top 20 des pays les plus ouverts, et gagne 9 places par rapport à l’année précédente. La Tunisie quant à elle gagne 13 places. Les Seychelles dominent de nouveau le classement et restent le seul pays à offrir une entrée sans visa pour tous les africains.

L’Indice d’ouverture des visas en Afrique, qui classe le niveau d’ouverture des pays africains en fonction des exigences imposées aux citoyens africains pour l’obtention d’un visa d’entrée dans un pays du continent, montre surtout que Le Gabon, qui attend pour décembre 2017 l’instauration d’un passeport Cemac pour consacrer la libre circulation des personnes dans la zone, se retrouve à la 48 place sur 55 pays.

Pour Akinwumi A. Adesina, le président du Groupe de la BAD, c’est primordial : «Nos dirigeants doivent abattre les murs qui séparent l’Afrique de l’Est, l’Afrique centrale, l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest. Nous avons besoin d’un marché plus ouvert et plus large». Et s’il a reçu, en 2016, son passeport africain, le patron de la BAD trouve que rien n’est acquis pour des millions de citoyens africains.

Selon la BAD, la priorité aujourd’hui est de maintenir les avancées enregistrées ces derniers mois, tout en mettant en œuvre la décision de l’Union africaine sur l’émission des visas à l’arrivée par tous les pays africains à tous les citoyens africains. «Une politique libérale des visas en Afrique peut contribuer à une intégration africaine centrée sur les individus et offrir des opportunités de voyages, commerce, loisirs,  études et emplois à tous les africains».