Accusée de s’acharner sur les dirigeants africains, la procureure générale de la Cour pénale internationale (CPI) s’est récemment défendue, affirmant ne faire de faveur à aucun Etat dans le cadre de son travail.

Fatou Bensouda, procureure générale de la Cour pénale internationale. © D.R.

Fatou Bensouda, procureure générale de la Cour pénale internationale. © D.R.

 

Si elle est l’objet de vives critiques depuis ces dernières années sur le continent, c’est que certains perçoivent mal son «obsession» pour l’Afrique. La plupart des dirigeants poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI), jusqu’à lors sont Africains. L’institution judiciaire, regrettent ses détracteurs, n’a presque jamais envisagé des poursuites contre des chefs d’Etat occidentaux. Pourtant, Fatou Bensouda l’assure, il n’y a aucun acharnement vis-à-vis de l’Afrique comme aucune complaisance n’est admise au sein de la Cour.

Invitée sur la matinale de Radio France internationale (RFI) le 21 novembre 2016, la procureure générale de la CPI a juré «accomplir (son) mandat de façon indépendante et impartiale, sans crainte ni faveur». Pour l’avocate gambienne, la critique qui lui est faite à propos de son regard sur son continent d’origine «n’est pas fondée». Elle en veut pour preuve que «la majorité des affaires concernant le continent africain a été déférée par les Etats eux-mêmes dans le plein exercice de leur souveraineté». C’est notamment le cas des pays comme le Gabon, dont le gouvernement a, en septembre 2016, déféré au Bureau du procureur «la situation prévalant sur son territoire depuis mai 2016».  La CPI qui avait annoncé peu de temps après l’ouverture d’un examen préliminaire devrait également s’intéresser aux évènements enregistrés à la suite de l’annonce des premiers résultats du scrutin présidentiel d’août 2016.

Par ailleurs, Fatou Bensouda qui a semblé comprendre certaines critiques a dit être favorable au fait que «la justice doit d’abord en priorité être rendue par les juridictions nationales des Etats concernés» par les saisies qu’elle a reçues depuis ces dernières années. Toutefois, a-t-elle indiqué, «si ces Etats estiment qu’une juridiction supranationale doit les aider, alors la CPI est là». Mais «si d’autres initiatives véritables se font jour, nous ne pouvons que nous en féliciter dans la mesure où nous travaillons tous en vue du même objectif : c’est de lutter contre l’impunité de façon véritable, indépendante et impartiale», a poursuivi la procureure générale de la CPI.

Alors que des pays tels que la Gambie, l’Afrique du Sud et le Burundi ont déjà annoncé leur retrait de la CPI, on note que depuis sa création en juillet 1998 et l’entrée en vigueur du statut de Rome en juillet 2002, l’institution judiciaire a été saisie de 23 affaires dont certaines comportaient plus d’un suspect. Depuis, les juges ont délivré 29 mandats d’arrêt, 8 personnes ont été détenues au quartier pénitentiaire de la CPI et ont comparu devant la Cour, 13 personnes sont toujours en liberté. Les charges portées contre 3 personnes ont été abandonnées suite à leur décès. Les juges de la CPI ont également délivré 9 citations à comparaître qui ont toutes été respectées, tout comme ils ont rendu 4 verdicts, déclarant 3 suspects coupables et 1 non-coupable.