Alors que le scrutin législatif, annoncé pour avant le 29 juillet est maintenant reporté en avril 2018, le leader du parti Les Démocrates est catégorique : «Nous n’avons pas vocation à rester dans l’opposition ; nous devons participer aux prochaines élections législatives». 

Guy Nzouba Ndama, le 16 juin 2017, à Paris. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

 

L’ancien président de l’Assemblée nationale et son parti Les Démocrates ont visiblement mis beaucoup d’eau dans leur vin. Fini le radicalisme ! A présent, vive l’ouverture et la cordialité ! Dans les colonnes de jeuneafrique.fr, le 12 juillet dernier, Guy Nzouba Ndama, opposant modéré devenu, a reconnu quelques divergences entre Jean Ping et lui. Notamment au sujet des discussions. «Je considère pour ma part, dit-il, que, même s’il y a des conditions à poser, on ne peut pas faire la politique sans accepter de discuter avec son adversaire». Implicitement, l’ancien député de l’Ogooué-Lolo demande donc à Jean Ping de parler avec Ali Bongo.

Pas de boycott des élections législatives comme en 2011

Autre problème pouvant s’apparenter à une divergence : la participation aux prochaines élections législatives. Dans la même interview, Guy Nzouba Ndama dont le parti, Les Démocrates, est né des cendres de l’Alliance nouvelle pour le Gabon (ANG) du Dr. Séraphin Davain Akuré, se veut plus clair : l’opposition ne doit pas pratiquer la politique de la chaise vide. Répondant à la question : «que ferez-vous si Jean Ping appelle à un boycott ?», L’ancien élu du canton Lolo-Wagna tranche : «Je ne le suivrai pas». Il faut dire que l’homme l’avait déjà laissé entrevoir (lire «Nzouba Ndama partant»)

Convaincu que l’opposition peut remporter les prochaines législatives, Guy Nzouba Ndama compte présenter des candidats dans de très nombreuses circonscriptions. Les Démocrates sont aujourd’hui considérés, comme l’Union nationale (UN) de Zacharie Myboto et le Rassemblement Héritage et Modernité (RHM) d’Alexandre Barro Chambrier, comme l’un des fers de lance de la nouvelle opposition rassemblée au sein de la Coalition pour la nouvelle République.

 «L’opposition peut gagner les élections législatives»

«Dans la future Assemblée nationale de 150 sièges, on peut tous ensemble pour l’opposition obtenir 90 à 100 sièges», indique l’un des secrétaires généraux adjoint des Démocrates. Reste à savoir, maintenant que ce scrutin est reporté en avril 2018, si sa tenue ne va pas occasionner des déchirements au sein de la Coalition. Déjà, alors que des observateurs avaient pensé que Guy Nzouba Ndama viendrait renforcer les rangs de RHM, on a plutôt assisté à son OPA sur l’Alliance nouvelle pour le Gabon.

Y aurait-il déjà de l’eau dans le gaz entre quelques formations de la Coalition pour la nouvelle République, rassemblée autour de Jean Ping ? En tout cas, pour le moment, la Coalition ne s’est pas prononcée de manière formelle sur les prochaines élections législatives.