Depuis qu’il lui a exprimé son intension de se porter en leader politique de la province, le parti démocratique gabonais (PDG) n’a pas daigné répondre au ministre de l’Habitat. Le parti d’Ali Bongo semble craindre la confrontation avec Bruno Ben Moubamba.

Des militants du PDG de la Nyanga, lors de la tournée Faustin Boukoubi en novembre 2015. © D.R.

 

Le PDG craindrait-il la confrontation avec le ministre d’Etat en charge de l’Habitat ? Le parti d’Ali Bongo aurait-il décidé de laisser le champ libre à Bruno Ben Moubamba, qui envisage de faire de la Nyanga son fief politique ? Le mutisme du parti au pouvoir, ces derniers jours, donne libre cours à toutes les interprétations, au point que certains annoncent déjà que la province sera un bastion de l’opposition après les législatives d’avril 2018.

Il faut dire que depuis la formation du gouvernement Issoze Ngondet 2, les cadres du PDG de la Nyanga n’ont pas de raisons de faire la fête. Regrettant que leur province n’y soit représentée que par un ministre délégué, certains bouderaient les instances du parti, au point de songer à laisser toute sa chance à l’ancien candidat de la présidentielle d’août 2016. D’autres estiment que l’opposant bénéficie du soutien du «distingué camarade», pour le bien duquel il a d’ailleurs dit vouloir assurer «un leadership responsable» dans la province.

Comme il fallait s’y attendre, devant le silence et l’abdication du PDG, seule l’opposition a réagi à l’annonce du président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR). «Mr Moubamba n’aura pas de bastion politique, ni de leadership et ne sera jamais élu dans la province de la Nyanga», a notamment réagi Jonathan Ignoumba, ancien PDGiste, aujourd’hui militant des Démocrates de Guy Nzouba Ndama. Il se positionne déjà comme le principal adversaire du membre du gouvernement, et assure que Bruno ben Moubamba aura le même sort que ceux qui, comme Pierre-Claver Maganga Moussavou ou Didjob Divungi Di Dinge, ont tenté de s’emparer du leadership politique dans la Nyanga. Chez Les Démocrates, l’on conseille d’ores déjà à l’ancien vice-Premier ministre d’aller voir ailleurs qu’à Moabi, où il envisage de se présenter pour les prochaines législatives.

Au comité central du bureau politique du PDG-Nyanga où le vide laissé par Séraphin Moundounga n’a toujours pas été comblé, on semble avoir du mal à trouver une vraie force de contradiction à Bruno Ben Moubamba. C’est à croire qu’Alexis Boutamba et ses compagnons du PDG s’apprêtent à accepter de laisser leur place aux cadres de l’ACR dans la province.