Dans la province de la Nyanga, certains chefs de villages, de regroupements et de cantons menacent de démissionner de leurs fonctions si leurs émoluments ne sont pas rapidement payés.

L’habitation du chef du village Kabala dans les plateaux Batékés. © blogspot.com

 

Gabriel Moussavou, le chef du canton Douki dans le département de Mongo, menace d’aller «déposer (ses) médailles chez le gouverneur» si aucune solution n’est trouvée à sa situation dans les jours qui viennent. Comme lui, d’autres chefs de villages, de regroupements et de cantons envisagent de démissionner. Leur raison : «l’Etat nous doit trois trimestres de salaire». Les représentants de l’autorité de l’Etat des six départements de la Nyanga s’en sont récemment plaints sur Radio Massanga et Radio Gabon, pour appeler l’attention du gouvernement et du président de la République.

Du côté de l’administration, si l’on dit comprendre cette colère, l’on assure tout de même que cette situation n’est pas voulue. Pour Célestin Ndzinzi, le secrétaire général de province, la raison est à chercher dans la crise économique que traverse le Gabon depuis plus de deux ans. Aussi, a-t-il précisé sur Radio Gabon que les fonds à disposition au niveau du gouvernorat de la Nyanga ne suffisent pas à régler la dette due à ces auxiliaires de l’administration. «Nous n’avons que 5 millions de francs de disponibles. Or, pour pouvoir payer un trimestre, il nous faut 13 millions. Que pouvons-nous faire ? Nous ne pouvons pas payer certains chefs et ne pas payer d’autres», a expliqué le secrétaire général, disant avoir reçu de «la hiérarchie» l’ordre de lui faire parvenir un document indiquant l’état réel de cette dette. Espérons que la même hiérarchie trouvera au plus vite une solution. En attendant, les «chefs» entendent déjà rencontrer le préfet.