Sans fard ni concession, pour adresser ses vœux de nouvel an, le président du Rassemblement héritage et modernité (RHM) a jeté un regard noir sur la situation sociopolitique du pays en souhaitant une fois de plus, la libération des prisonniers politiques et du pays du «régime en place»

Alexandre Barro Chambrier, leader du Rassemblement héritage et modernité (RHM). © Facebook

 

S’il était apparu sur les écrans pour adresser ses vœux de nouvel an, ce serait certainement un Alexandre Barro Chambrier (ABC) amer et inquiet qui se serait adressé aux Gabonais. Son discours qui dresse un bilan de la situation sociopolitique du Gabon, n’en a pour ainsi dire, que plus de pouvoir évocateur. «L’année 2018 qui s’achève n’a pas vu notre pays s’affranchir de la gestion scabreuse du régime en place. Au contraire, ce régime a renforcé son emprise néfaste sur tous les pans de la société à tel point que la situation n’a cessé de se dégrader dans tous les domaines», dit-il d’entrée. Pour le président du Rassemblement héritage et modernité (RHM), en 2018 la situation sociopolitique s’est enlisée par un «recul de la démocratie avec la monarchisation à pas forcés de la République, concentration de tous les pouvoirs  par le sommet de l’exécutif, restriction des libertés individuelles et des droits fondamentaux, bâillonnement de la presse indépendante et manipulation systématique de la Constitution».

Un dévoiement de la démocratie qui s’est greffé, selon lui, à une «grave crise économique et sociale caractérisée par le ralentissement généralisé et sans précédent des activités productrices de richesses, la montée exponentielle du chômage des jeunes, la hausse continue du coût de la vie, l’augmentation vertigineuse des prix des biens et services essentiels, les coupures intempestives d’eau et d’électricité et la dégradation de la qualité des soins de santé». Un tableau sombre qui serait selon ABC, dû à un système qui précarise les Gabonais, les opprime et les réduit à la misère quand bien même, dans leur grande majorité, ils n’ont jamais cédé à la déliquescence. Le peuple gabonais mène pour lui, «courageusement une lutte aux formes multiples pour son émancipation et son mieux-être, même si certains doivent encore prendre conscience que l’alternance nous concerne tous et son avènement bénéficiera au plus grand nombre».

ABC se veut lucide et appelle au «rejet du système oppressif» qui amadouerait et tromperait le peuple. Ceci, d’autant plus que, dit-il, «notre pays aborde la nouvelle année 2019, sans savoir exactement qui le dirige». «Dans cette situation inédite, l’amateurisme et l’inefficacité de la communication gouvernementale sur d’une part, l’absence d’Ali Bongo Ondimba du territoire national depuis plus de deux mois, et d’autre part, sur son état réel de santé, n’ont fait qu’étaler au grand jour l’incompétence des tenants du pouvoir», a-t-il exprimé estimant qu’«il n’y a vraiment  plus rien à attendre de ce régime». ABC appelle donc à la libération du pays du pouvoir actuel pour changer cet état de fait.

Il songe à un «Gabon nouveau» qui «pourrait prendre encore quelque temps, comporter des hauts et des bas, et contrarier les impatients qui misent pour une solution expéditive». Dans sa logique, ABC appelle à «faire preuve de discernement», et souhaite la libération des «prisonniers politiques». «Je demande, une fois de plus, leur libération immédiate et sans condition afin qu’ils retrouvent leurs familles et profitent de ces bons moments de partage», dit-il.

Auteur : Alix-Ida Mussavu