Alors qu’on attendait de lui la revanche, à Mouila, de son père battu en 2011, l’actuel ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, chargé du Programme Graine se bat plutôt dans le bled de Mougalaba, de même que sa mère tente la poursuite de son trust électoral habituel. Leur fromage étant grignoté par des adversaires voulant en découdre, les tribulations des deux Maganga Moussavou en lice.

Le père, la mère, le fils et le Saint-Esprit (masque Mukudji au premier plan), les Maganga Moussavou vont absolument avoir besoin de légitimité populaire. © Gabonactu

 

Jusque-là député du Canton Ngounié centrale et conseiller municipal dans le 2ème arrondissement de Mouila, Albertine Maganga Moussavou, 66 ans, épouse du vice-président de la République campe sur son séculaire fief électoral : le 3ème siège du département de la Douya-Onoye. Depuis 1990, elle a été de toutes les législatures post-Conférence nationale, à l’exception de celle de 2002-2006 pour avoir été battue en décembre 2001 par Pierre Nziengui Mabila, un candidat du PDG.

Dynastie ayant une suprématie politique certaine sur la Ngounié, les Maganga Moussavou désertent bizarrement l’arène électorale de Mouila, chef-lieu et circonscription électorale prédominante de leur province. Vraisemblablement difficile pour eux, ce terrain électoral compte en effet des gladiateurs de bonne réputation : Léon Nzouba (PDG), Jean-Norbert Diramba (LD), Jean de Dieu Moukagni Iwangou (US) et Serge Maurice Mabiala (RHM). Ceux-ci ne croiseront donc le fer avec aucun des deux Maganga Moussavou en lice. On pensait pourtant que Biendi Maganga Moussavou, actuel ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, chargé du Programme Graine, se présenterait à Mouila pour venger son père y ayant été battu en 2011.

Il faut dire que le junior des Maganga Moussavou (44 ans) laboure son sillon depuis un bon moment. Ne prenant pas de risques, il se présente sur le siège unique du département de Mougalaba. Jusque-là tenue par Juliette Moutsinga (PDG), cette circonscription électorale aura enregistré ces dernières années de nombreuses actions de bienfaisance de la part de l’ancien responsable du mouvement des Jeunes du Parti social-démocrate (PSD). Si  Juliette Moutsinga  est en perte de vitesse, Biendi Maganga Moussavou n’est pas pour autant assuré de l’emporter, même si certains parlent de parachute doré pour ce qui est de sa zone de bataille. Un adversaire doit en effet troubler son sommeil un tantinet :  Me Pie Makanga Missamu (US). La trentaine, cet avocat au barreau de Libreville passe pour l’Emmanuel Macron de la localité. Il jouit de bons soutiens dans le département, notamment auprès des jeunes cadres, étudiants et notables teintés de modernité tandis que son comité de soutien est reconnu pour son dynamisme. La bataille de Mougalaba ne sera donc pas une promenade de santé pour Biendi Maganga Moussavou.

Si le canton Ngounié-Centre du département de la Douya-Onoye était pratiquement resté fidèle, depuis près de 30 ans, à sa mère Albertine Maganga Moussavou, battue une seule fois, ainsi qu’indiqué plus haut, en cinq élections depuis 1990, celle-ci ne saurait non plus dormir sur ses lauriers. Candidat contre elle, Emmanuel-Thierry Koumba (US) assure que les populations en ont marre de la longévité de Madame Maganga Moussavou sur ce siège. L’homme écume également le terrain depuis deux ans et il devient une petite légende à Mouila depuis que l’épouse du vice-président de la République a refusé ses civilités lors du dépôt des candidatures au Centre gabonais des élections de leur localité. «La passation mystique du pouvoir a eu lieu ce jour-là, avec la bouderie de Mme Magnaga. Même si l’élection a lieu ce soir, Emmanuel-Thierry Koumba lui fait mordre la poussière», clame un journaliste de retour de Mouila, visiblement conquis par son ancien confrère.

Rien n’est donc acquis pour la dynastie politique des Maganga Moussavou. Ne pouvant être élus sur le siège politique le plus prestigieux – le chef-lieu – de la province dont ils sont les barons politiques, un échec à la périphérie aura nécessairement des conséquences. Il entamerait sérieusement l’aura du vice-président de la République, parvenu là par des combinaziones à l’italienne. Le processus électoral en cours pouvant déboucher sur une rupture des arrangements d’arrière-boutique, les Maganga Moussavou vont absolument avoir besoin de légitimité populaire. Chaud devant !