La communauté Benga a célébré du 22 au 23 septembre au Cap Esterias, la fête traditionnelle Ndjombé, retraçant l’histoire de sa migration de l’Egypte jusqu’à sa pénétration et installation au Gabon. L’édition 2017 a été commémorée sous le thème : «conservation patrimoniale, évolution des mœurs et ouverture culturelle».

Les peuples Benga lors de la démonstration des étapes de leur histoire l’histoire Cap Esterias, le 23 septembre 2017. © Gabonreview

 

Le siège de la chefferie Benga situé dans la forêt du Cap Esterias a servi de cadre à la célébration de la fête culturelle Ndjombé, une épopée qui retrace le parcours migratoire de cette communauté.

Les Benga se sont retrouvés autour de leur chef, Sa Majesté Marcel Ta Nkombouet, pour vivre les grandes étapes de leur l’histoire et s’interroger sur les meilleurs moyens de s’assurer une bonne conservation patrimoniale, au regard de l’évolution des mœurs et de l’ouverture culturelle.

Quelques moments de l’évènement, au Cap Esterias, le 23 septembre2017.© Gabonreview

Comme chaque année, l’édition 2017 organisée en collaboration avec le laboratoire de langue de l’université Omar Bongo, a démarré le 22 septembre par une conférence de presse animée par Sebastien Pablo Oupologo Batodou.

Dans son exposé, le 1er conseiller de la chefferie Benga a retracé l’origine du peuple Benga, sa migration et la présentation de l’antilope aquatique Ndjombé, ayant aidé le peuple à traverser le fleuve  Lokodje pour fuir un ennemi redoutable, le peuple Itseitse.

Sur les origines, le peuple Benga fait partie de la tribu Ndowé ou Indowé appartenant au  sous-groupe Bokoumba. Sa migration se confond avec celle du groupe Ndowé. En effet, lors de l’effondrement de la tour de Babel en Egypte, alors qu’il y avait une confusion de langue, le groupe Ndowé s’était retrouvé autour du chef Moussagué, après son appel au ralliement de tous ceux entendaient  ce qu’il disait.

Menée pendant plusieurs années, la migration des Benga a été marquée par sept escales dont l’une des plus importantes fut la quatrième, pendant laquelle les guerriers du chef Moussagué ont découvert le miel, une substance bénéfique pour régénérer les forces après une longue marche.

La migration a également été marquée par trois grandes batailles contre les peuples rencontrés sur le chemin. La plus grande bataille fut la troisième livrée et remportée, avant la traversée du fleuve Lokodje, contre le peuple ItseItse considéré comme le plus farouche ennemi. Cette victoire coïncide également avec la fin du règne du chef Moussagué. Epuisé par le poids de l’âge, ce dernier décide de léguer son pouvoir à son neveu Mobodjé, pour conduire les troupes jusqu’au soleil, c’est à dire à la côte.

Après la traversée du fleuve Lokodjé, grâce à l’antilope aquatique Ndjombé vue par une vieille femme dénommée Bokeli, restée au village, le peuple Benga connu une scission. Celle-ci est le fait de Kota et Benga, les jumeaux du chef Moussagué. Cette scission est née de la volonté de Kota, de ne plus continuer la migration estimant être fatigué de marcher. Et cela, malgré les consignes qui leur avaient été données par le chef Moussagué. Cette scission fit naitre les peuples Benga et les Kota.

Pour ce qui est de la pénétration au Gabon, les Benga sont rentrés par le Woleu Ntem, en passant par la région de Kribi au Cameroun. Puis, ils ont migré vers Mekabo, l’actuelle ville de Mekambo. Ils sont arrivés sur les côtés gabonaises entre le 15e et le 16e  siècle.

Toute cette épopée a été vécue de façon pratique, le 23 septembre, grâce à une séance démonstration dans la forêt du Cap Esterias.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga