Nommé récemment à la tête du Conseil économique et social (CES), le président de Démocratie nouvelle (DN) hérite d’une institution peu considérée par les gouvernants, et dont le pouvoir décisionnel est inexistant.

Réne Ndemezo’o Obiang, lors de son discours, le 29 août 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

René Ndemezo’o Obiang a officiellement pris ses fonctions, mardi 29 août, à la tête du Conseil économique et social (CES). En remplaçant Georgette Koko, qui n’aura passé que 17 mois à ce poste, le président de DN sait qu’il hérite d’une institution vide, dont l’importance n’a jamais vraiment été prouvée, ni sur le plan social ni sur le plan politique, pas plus qu’elle ne constitue une réelle force de proposition en matière économique. Depuis des années, cette institution n’est que peu considérée par le gouvernement. Le nouveau président le sait. Il compte s’imposer. C’est en tout cas ce qu’il a annoncé lors de sa cérémonie d’investiture à laquelle prenait part le ministre en charge des Relations avec les institutions constitutionnelles, Blaise Louembe.

S’il a dit devoir commencer son travail de reconnaissance du CES auprès des dirigeants moins de 24 heures après sa prise de fonction, c’est que l’ancien directeur de campagne de Jean Ping entend œuvrer au «renforcement de son influence sur les politiques économique, financière, sociale, culturelle et environnementale du Gabon». La tâche ne sera pas facile, d’autant qu’en 8 ans, aucun de ses deux prédécesseurs sous Ali Bongo n’a jamais vraiment pu s’imposer, notamment Paul Biyoghe Mba, ancien Premier ministre.

Pourtant, l’ancien élu PDG à Bitam y croit. Il s’est confié une mission : «hisser le CES à la hauteur du moment». Or, les principales préoccupations du moment sont le retour d’une véritable sérénité dans le pays, un an après les troubles du 31 août 2016. «Les Gabonais ont besoin d’un CES acteur de la cohésion nationale et de la paix à travers des actions visant la prévention des conflits et la recherche d’une harmonie», a laissé entendre le nouveau président, selon lequel les Gabonais «ont besoin d’un CES qui valorise la société civile [et] qui s’appuie principalement sur les attentes des populations pour formuler ses avis». Y arrivera-t-il ? On ne demande qu’à voir.

Pour l’heure, au moment où les autorités appellent à la réduction du train de vie de l’Etat, beaucoup s’interroge sur l’intérêt de renouveler le mandat d’une institution dépourvue de pouvoir décisionnel. Ne serait-il pas judicieux de la supprimer ? «Non», a semblé répondre René Ndemezo’o Obiang, le 29 août, qui a rappelé que les missions de l’institution ont été confortées lors du dialogue politique d’Angondjé. Celle-ci aurait un «rôle crucial dans le renforcement du processus démocratique, de relance économique et de la cohésion sociale».