Après avoir pris ses marques dans la conception de musiques à forte influence américaine, le jeune producteur a décidé d’effectuer un retour aux sources, en lançant le concept «Afrobeat Gaboma», qui fait la promotion des sonorités gabonaises.

Sonny, dans le clip «Le royaume des Kings» de Kôba Building. © Capture d’écran/Youtube

Sonny, dans le clip «Le royaume des Kings» de Kôba Building. © Capture d’écran/Youtube

 

Connu comme le producteur de titres célèbres tels que «Waze» du groupe de rap Kifra-L, qui a notamment contribué à propulser la danse «djazzé» en 2009, ou «Le royaume des Kings» de Köba Building et «La danse du cocu» de Tina, Sonny alias Dr Dragon ou «Le dragon du son» a acquis, ces dernières années, une franche notoriété dans le monde musical. Si plusieurs rappeurs tels que L.Y Styll ou Blaaz, n’ont pas hésité à lui faire appel, c’est parce qu’il a une certaine expertise. Son originalité l’a vite classé au rang des meilleurs beatmakers d’Afrique, malgré son jeune âge. Mais pour Sonny, pourtant habitué aux musiques US, dont il s’est approprié les codes, il s’agit d’imposer sa marque et d’explorer d’autres horizons.

Sonny, dans le clip «La danse du cocu» de Tina. © Capture d’écran/Youtube/Dolcegaboma

Sonny, dans le clip «La danse du cocu» de Tina. © Capture d’écran/Youtube/Dolcegaboma

Avec le titre instrumental «In the air», en téléchargement libre depuis quelques jours sur la page «Sonny Beatz» de la plateforme Soundcloud, Dr Dragon lance le concept «Afrobeat Gaboma», qui fait la promotion des sonorités gabonaises. Long de près de trois minutes, l’instrumental semble voguer entre modernité et tradition, avec une forte présence du «moungongo», un instrument à corde utilisé pour des cérémonies rituelles de Bwiti, et du tambour. Pour le jeune producteur, qui paraît assumer cette nouvelle orientation, ce concept devrait «permettre de contrer la vague d’adoption de sonorités étrangères, en permettant aux Gabonais de danser local». Plus dansant que ces précédentes productions, le titre «In the air» invite, dans la langue de Shakespeare, le public à lever les bras pour se laisser entraîner par la nouvelle vague de musiques qui devrait suivre.

Clairement influencé par le mélange de musique traditionnelle nigériane, de jazz, de high-life et de funk, popularisé en Afrique dans les années 1970 par le saxophoniste Nigérian Fela Kuti, l’«Afrobeat Gaboma» est «un style de beat [instrumental -ndlr], qui intègre la culture, les sonorités et rythmiques gabonaises, tout en gardant une compétitivité et un brassage international entre la house et l’afrobeat». Le titre mis en ligne depuis peu en est un prototype : «un prototype qui annonce une mixtape [compilation de chansons -ndlr] entièrement dédiée». Plutôt sûr de lui, Dr Dragon affirme que son concept annonce «une révolution pour l’univers musical gabonais».