L’artiste se produira à La Boule noire de Paris, le 3 mars prochain. A cette occasion, la chanteuse a été reçue au Journal Afrique de TV5Monde, le 24 février, où elle a évoqué plusieurs sujets d’actualité dont son dernier single “I Fumbe” (la famille, en langue punu).

L’artiste lors de son passage au journal Afrique de TV5Monde, le 24 février 2018 (capture d’écran). © Gabonreview

 

Artiste engagée mêlant dans ses chansons folk et pop africaine, saupoudrées de rythmes de jazz et de blues, Annie Flore Batchiellilys se produira à La Boule noire de Paris, le 3 mars prochain. A cette occasion, la chanteuse a été l’invitée du Journal Afrique de TV5Monde, le 24 février, où elle a évoqué plusieurs sujets d’actualité. Notamment son dernier single I Fumbe (la famille, en langue punu). Le disque comporte trois titres dont Une seconde mère d’une mère, bande originale du film de Fernand Lepoko, «Matrice», dont la sortie est prévue le 5 mars à Libreville.

«Le film raconte l’histoire d’une orpheline épousant un homme. Ce dernier devient odieux du fait de devenir riche très rapidement. Il s’engage dans des pratiques occultes, où des sacrifices lui sont demandés. Il sacrifiera donc les grossesses de sa femme pour devenir fort et puissant. C’est un film décrivant globalement tout ce qui se passe mal dans la vie de couple, la famille et nos pays aujourd’hui», a expliqué Annie Flore Batchiellilys.

Inspirée dans ses chansons par les réalités sociales du Gabon, l’artiste n’a pas manqué d’évoquer cet état de faits. «Le Gabon, c’est comme une batterie pour moi. J’ai besoin de m’y brancher pour marquer la différence : le Gabon, c’est tout pour moi», a-t-elle confié, revenant aussi sur la conservation du patrimoine musical. «Lorsque l’on regarde le monde, l’on voit sa diversité. Ce qui représente vraiment une chance pour l’ensemble des êtres humains. J’ai un don et j’estime que c’est un devoir divin d’aller rencontrer les autres. Pour moi, la diversité est une grande chance et étaler sa différence est un devoir», a déclaré la chanteuse.

© capture d’écran/Gabonreview

Agée de 50 ans et cumulant déjà une vingtaine d’années de carrière, Annie Flore Batchiellilys est issue d’une lignée d’artistes. «Ma grand-mère chantait très bien. C’était vraiment une des voix qui prenait place dans les soirées. C’est auprès d’elle que j’ai appris à chanter», a-t-elle révélé. Jouissant d’une belle renommée en Afrique francophone et en France notamment, l’artiste aurait pu avoir une réputation encore plus dense. Ce qu’elle n’a visiblement pas voulu, vu les «sacrifices» exigés pour y parvenir.

«J’ai eu des propositions de grandes maisons de disques. Mais elles demandaient de paraître, pas d’être. A l’époque, les chanteuses gabonaises ne couraient pas les rues à l’international. L’on me demandait de chanter des chansons sans culture, sans couleurs, sans valeur… J’ai dit non ! J’avais 29 ans et j’étais mère de deux enfants. Je voulais faire une musique qui me ressemble et qui ressemble au plus grand nombre. Et surtout, une musique qui ferait office d’héritage aux prochaines générations», a-t-elle argumenté.

Initiatrice d’un festival de musique dans son village, initiatrice d’une école de chant, ou encore détentrice d’un label, Annie Flore Batchiellilys souhaite, en effet, transmettre certaines valeurs,  reçues des aînés, à la jeune génération. «Je tiens à signifier que c’est grâce à Pierre Akendengué que j’ai commencé à chanter au Gabon. Et beaucoup de personnes se sont engagées en me donnant la main pour que j’avance. A mon tour, je me dois de léguer et témoigner de mon expérience», a rappelé l’artiste.

«A la jeune génération, je demanderai d’être elle-même face aux autres. La différence n’est pas un bémol, bien au contraire : c’est une force. Que le petit africain chante au jeune américain une chanson du terroir, plutôt que de copier ce dernier», a conclu Annie Flore Batchiellilys.