Le festival Cultures Days a rendu hommage à Bob Marley, le 11 mai dernier. Si l’adhésion à ce premier essai a été relative, l’initiative a tout de même eu le mérite d’organiser des activités interactives avec, en toile de fond, un exposé sur le thème «Influences du Reggae dans la société gabonaise. Quels regards sur les Dreadlocks ?».

Les trois conférenciers pendant leur exposé avec, de gauche à droite : Tony Ferbac, Justine Adandé et Paul «Dread Pol» Mouketa, le 12 mai 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Vue des trois conférenciers. © Gabonreview

A l’instar de plusieurs villes à travers la planète, la capitale gabonaise a honoré la mémoire de Bob Marley, icône du mouvement rastafari, le 11 mai dernier. Côté manifestations, c’est l’Association gabonaise des loisirs créatifs et culturels (AGL-CC) qui, en partenariat avec l’association Afrique karibean artists (Aka), a tiré son épingle du jeu, avec l’organisation de la première édition du festival Cultures Days.

Si l’initiative n’a pas eu l’adhésion et l’écho escomptés, elle a tout de même eu le mérite d’être organisée sous le thème «Influences du Reggae dans la société gabonaise. Quels regards sur les Dreadlocks ?». Autrement dit, quel est l’impact de la musique reggae sur la société gabonaise ? Et quel regard porte l’opinion publique sur les dreadlocks, constituant une des marques de reconnaissance des amateurs de reggae.

Un thème ayant donné lieu à une conférence, le 11 mai dernier à Libreville, présentée par Justine Adandé, Paul «Dread Pol» Mouketa et le Guadeloupéen Tony Ferbac, invité pour l’occasion. Tour à tour, les trois intervenants ont donné leurs points de vue en rapport avec le thème retenu par AGL-CC et Aka. «Ça fait huit que je suis au Gabon. De ma petite expérience, les dreadlocks ne sont pas très bien vues ici, pour la simple raison qu’elles sont très stigmatisées. Très rapidement, cela est associé à des personnes fumant de l’herbe. En gros, ça n’a pas une connotation positive», a témoigné Justine Adandé, par ailleurs directrice marketing dans une société de distribution de solutions Internet de la place.

«Je me suis donc arrangé pour adapter mon discours en fonction de mes interlocuteurs, car je n’avais aucune intention de couper mes dreadlocks. Et aujourd’hui, je pense que cela se démocratique un peu plus : ça 15 ans que j’ai mes dreadlocks. En gros, je pense que c’est beaucoup plus accepté», a-t-elle ajouté.

Présent au Gabon dans le cadre du Salon international du livre et des arts de Libreville (Silal), Tony Ferbac a accepté de participer à l’événement. S’il n’a pas souhaité s’exprimer sur la perception des dreadlocks (première visite au Gabon et en Afrique oblige, ndlr), le soixantenaire s’est tout de même exprimé sur les influences de la culture rastafari. Pour lui, les fondements de la culture rastafari découlent des textes bibliques, notamment dans le chapitre des Nombres. «Se laisser pousser les cheveux est une manière d’établir un lien avec son créateur. D’où le look dreadlocks arboré par les plus irréductibles rastafaris», a indiqué Tony Ferbac.

Ancien animateur sur la radio Africa N°1, Dread Pol s’est appesanti sur le Reggae. «A l’instar de la musique de façon générale, le Reggae remplit cinq fonctions : religion, bien-être, social, politique et économie», a-t-il expliqué, rappelant que ce style musical est originaire de la Jamaïque. «En cette journée hommage, cette musique est célébrée dans l’ensemble des pays de la planète. C’est donc dire l’influence qu’aura eu Bob Marley dans la promotion et la vulgarisation de cette musique. Mention spéciale cependant, pour notre pays, dont le sol a été foulé par ce jeune homme qui aurait eu 72 ans aujourd’hui», a-t-il ajouté.

S’exprimant sur les dreadlocks, Dread Pol est revenu sur les origines de ce style, symbole de fierté d’anciens esclaves. «De nos jours encore, ce look est associé au banditisme, du moins par certains extrémistes dans les forces de l’ordre, notamment. Alors qu’au fond, ceux qui l’arborent revendiquent simplement leurs racines, leur originalité», a-t-il lancé. Cet exposé a donné lieu à des échanges soutenus avec les participants.

Plusieurs activités ont par ailleurs précédé cette journée. La veille, les organisateurs des Cultures Days ont consacré une journée dédiée aux orphelins de l’ONG Micone, avec lesquels ont été initiées plusieurs activités interactives ainsi qu’une remise de dons.