Justifiant son entrée au gouvernement par la nécessité de «garantir la continuité de l’Etat», le président de l’Union & Solidarité assure que bien qu’ayant accepté le poste de ministre d’Etat, il n’intègre pas de facto la majorité.

Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, le 11 mai 2018, à Libreville. © Gabonreview

 

Comme il l’avait déjà expliqué peu après l’annonce de sa nomination, c’est pour le bien de la République et celui de ses institutions que Jean de Dieu Moukagni-Iwangou a accepté d’intégrer le gouvernement. «Il fallait garantir la continuité de l’Etat», réaffirme le président d’Union & Solidarité ce vendredi 11 mai, invitant l’opinion à «sortir des émotions» et ses camarades de l’opposition à privilégier «le temps de l’action (plutôt que) le temps des débats».

Le nouveau ministre d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur assure également, au sujet de son entrée au gouvernement, qu’il ne s’agit pas de facto de l’entrée de son parti au sein de la majorité. D’autant que, tente-t-il d’expliquer, il n’y a plus ni opposition ni majorité après le vide institutionnel créé par la Cour constitutionnelle le 30 avril dernier, en dissolvant l’Assemblée nationale et en contraignant le gouvernement à la démission peu après.

 «Entrer au gouvernement dans le contexte de vide institutionnel frappant l’Assemblée nationale, ce n’est pas adhérer à la majorité, puisque la majorité ne peut se déterminer qu’au sein d’une Assemblée nationale existante», argumente le président de l’US avant d’indiquer que sa démarche, «approuvée et soutenue» après coup par son parti, consiste simplement à «participer à l’exercice du pouvoir exécutif» pour le bien de tous.

Pour Jean de Dieu Moukagni-Iwangou qui dit avoir pris ses responsabilités «en toute lucidité», face au vide institutionnel actuel, «l’opposition et la majorité sont à part égale». Aussi, s’étonne-t-il que d’autres, y compris au sein de l’opposition, aient décidé de «renoncer à une situation qui aurait permis à tout le monde, particulièrement aux deux familles, d’être aux commandes de la République, pour travailler ensemble à l’organisation des prochaines élections législatives».