Pour avoir annoncé, le 24 octobre, le décès du président gabonais, la télévision privée camerounaise a été suspendue pour 6 mois au Gabon. La chaîne n’avait pas attendu cette sanction pour faire son mea culpa.

Ali Bongo, en juin 2016 à Port-Gentil. © Gabonreview

 

Les excuses présentées par son rédacteur en chef quelques heures après n’y ont rien fait. La Haute autorité de la communication (HAC) a décidé, le 30 octobre, de suspendre pour 6 mois la diffusion de Vision 4 au Gabon. La faute était trop grave, estime le régulateur gabonais, qui n’a pas apprécié qu’Ali Bongo ait été déclaré mort six jours plus tôt au cours du journal télévisé de la chaîne de télévision privée camerounaise.

Le régulateur dénote dans l’annonce du décès supposé du président gabonais un «mépris des règles élémentaires qui sous-tendent les fondements du doit à la communication, à savoir : l’honnêteté, l’exactitude de l’information». Aussi, tout en rappelant que la liberté de l’information est «conditionnée», la Hac considère-t-elle qu’«en diffusant cette information, de surcroit à une heure de grande écoute, cette chaîne de télévision a manqué d’assurer à l’ensemble de la population l’information exacte, honnête et complète qu’elle est en droit d’attendre d’elle». Le régulateur y voit un acte «intentionnel», qui «porte atteinte à la vie privée, à l’unité nationale, à la cohésion sociale, à l’ordre public et à la stabilité des institutions de la République gabonaise».

Après France 2, Vison 4 est la deuxième télévision étrangère à être suspendue de diffusion dans le pays cette année. L’atteinte à la dignité du président gabonais, aux institutions de la République et le trouble à l’ordre public ont chaque fois été évoqués par le régulateur pour justifier sa sanction.