Dans une lettre ouverte adressée au Vice-Premier ministre en charge de l’Habitat, quelques heures avant la commémoration du 27e anniversaire du décès de Joseph Rendjambe Issani, un compatriote sous couvert de l’anonymat, a réclamé le compte-rendu des «probables» investigations conduites par le président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR).

Joseph Rendjambe Issani. © D.R.

 

Bruno Ben Moubamba aux côtés de Marie-Clotilde Rendjambe, le 13 juin 2009. © Gabonreview (capture d’écran)

27 ans après la disparition de Joseph Rendjambe Issani, les réponses sur les conditions de la disparition du secrétaire général du Parti gabonais du progrès (PGP), se font toujours attendre.  Ce, 8 ans également après la déclaration de l’actuel ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du logement, adressée à Ali Bongo et André Mba Obame pour savoir ce que ces deux personnalités faisaient dans la nuit du 22 au 23 mai 1990, le jour de la disparition de Rendjambe.

En effet, dans cette déclaration tonitruante, Bruno Ben Moubamba avait clairement indiqué que «si monsieur Ali Bongo Ondimba veut devenir président de la République du Gabon, qu’il nous dise ce qu’il faisait, lui et André Mba Obame, dans la nuit du 22 au 23 mai 1990. Ali Bongo ne sera jamais président du Gabon tant qu’il n’aura pas expliqué à la veuve de Joseph Rendjambe, ce qui est arrivé à Joseph Rendjambe, durant cette nuit».

Le ministre de l’Habitat, Bruno Ben Moubamba, aurait-il oublié son engagement fait à Paris, le 13 juin 2009, aux côtés de Marie-Clotilde Rendjambe ? Certains Gabonais attendent toujours la manifestation des «valeurs morales et l’amour du Gabon» de la part du  pourfendeur de la sorcellerie politique et veulent des réponses.

«Il se trouve que huit ans après cette importante et courageuse déclaration vous avez été tour à tour proche (ministre) d’André Mba Obame et d’Ali Bongo.  Je me permets donc de m’adresser à vous pour savoir si vous avez pu poser la question des circonstances du décès de Rendjambe Issani à ses deux messieurs», s’interroge  l’auteur de la lettre ouverte, se présentant comme un quidam gabonais, épris de justice et qui lutte contre l’impunité comme Bruno Ben Moubamba.

Au regard de la posture et de la position du président de l’ACR dans le gouvernement Emmanuel Issoze Ngondet, l’auteur de la lettre ouverte ose croire que ces questions ont été posées aux intéressés. «Je n’oserais penser une seconde que vous aviez déplacé une dame de cet âge juste pour faire le buzz ou agir en sorcier politique car, tout le monde connaît votre mépris pour les sorciers politiques. D’ailleurs dans vos discours, vous ne manquez pas de rappeler que les seules valeurs qui vous guident sont l’éthique, la justice, la justice sociale et le sens du service sans évidemment oublier que vous êtes catholique fervent et pratiquant.»

Ben Moubamba répondra-t-il à cette supplication comme le souhaite ce compatriote ? Ce dernier espère qu’il le fera afin de permettre à beaucoup de Gabonais de faire le deuil de cette disparition. «(…) je vous demande certes anonymement mais sincèrement de nous rendre compte de vos investigations. En effet, si les sieurs Ali Bongo et André Mba Obame sont responsables de ce décès, il est important que tout le monde le sache et s’ils n’ont rien à voir dans cette affaire il est temps que vous enleviez sur leurs personnes les soupçons que vous aviez émis».