C’est en fin de journée, vers 19 heures, le mardi 16 octobre, que les flammes on commencé, recommencé pourrait-on dire, à ravager le marché de Mont-Bouët.

Incndie à Mont-Bouët, sans doute criminel - © D.R.

Arrivés sur les lieux un peu plus rapidement que d’habitude, les pompiers n’ont cependant guère pu agir avant de longues minutes étant arrivés sur les lieux avec des citernes d’eau… sans eau. Le feu a rapidement dévasté la partie nord du marché, soit, d’après les pompiers, le tiers de la surface totale de ce qui est le plus grand lieu d’échanges commerciaux du Gabon.

De nombreuses causes probables étaient évoquées par les badauds et les commerçants présents sur les lieux, observant le désastre, du court-circuit électrique dû aux branchements sauvages qui foisonnent, à la cigarette mal éteinte. Mais rapidement, les enquêteurs de la police ont laissé entendre qu’ils s’orientaient plutôt vers une piste criminelle.

Ce n’est pas la première fois, hélas, que ce marché construit de planches et autres matériaux très combustibles est détruit par les flammes. Tout le monde garde en mémoire les deux embrasements d’août et septembre 2009 qui avaient déjà réduit à néant Mont-Bouët et ruiné ses commerçants. En pleine campagne présidentielle, puis le lendemain de la proclamation de victoire d’Ali Bongo Ondimba, ces deux incendies avaient été mis au crédit de l’opposition défaite, sans preuves bien entendu. Mais les accusations de distribution de cartes d’électeurs aux étrangers pour le premier et les violentes émeutes qui avaient précédé le second étaient pointées du doigt comme étant de sérieux mobiles.

Il n’a donc pas fallu longtemps pour que la nouvelle se répande et que bruisse les réseaux sociaux. Après une journée politique chargée et tendue qui avait vu l’UFC (Union des forces du changement) faire le siège de la Cours constitutionnelle, le président Ali Bongo commémorer ses 3 ans de règne contesté par ses opposants et la commémoration du décès de Pierre Mamboundou, il n’en fallait pas plus pour déclencher les rumeurs et les accusations les plus diverses, les plus farfelues même.

Pour le moment, alors que l’incendie est à peine éteint et que Mont-Bouët fume encore, personne ne sait vraiment ce qui a pu se passer, mais il y a fort à parier que la journée de demain sera riche en conjectures.