A la suite de la réunion des ministres des Finances de la zone franc, le ministre français des Finances est revenu sur l’avenir du franc CFA et sur la «liberté» des pays qui l’utilisent à la voir évoluer.

Scène de la réunion du 9 avril 2016 à Yaoundé. © economie.gouv.fr

Scène de la réunion du 9 avril 2016 à Yaoundé. © economie.gouv.fr

 

Sept décennies après sa création, le franc CFA est plus que jamais décrié. Certains n’y voient plus un grand intérêt et cherchent à en sortir. Et la dernière réunion, à Yaoundé (Cameroun), des argentiers des 15 pays d’Afrique de l’ouest et du centre utilisant cette monnaie n’a pas manqué d’aborder cette question, bien qu’au départ les principaux sujets au menu des échanges étaient liés à l’«intégration commerciale» et l’«impact de la chute du cours des matières premières sur les pays de la zone».

Michel Sapin, ministre français des Finances et des Comptes publics. © D.R.

Michel Sapin, ministre français des Finances et des Comptes publics. © D.R.

Interrogé sur la question, le ministre français des Finances a affirmé laisser les pays concernés décider. «Le franc CFA appartient aux Africains. L’avenir de cette monnaie, avec ce qu’elle apporte de bon pour le développement économique et social, appartient aux Africains», a déclaré Michel Sapin, le 11 avril dernier au cours d’une conférence de presse au Sénégal après la réunion de Yaoundé. A en croire le ministre français, «la France, s’il doit y avoir des évolutions, est parfaitement ouverte à (ces) évolutions, dès lors qu’elles viennent des pays africains souverains». Si plusieurs analystes perçoivent mal le fait que depuis 1945, des Etats africains soient encore contraints de déposer 50% de leurs réserves de change auprès du Trésor français pour garantir le système de parité fixe liant l’euro au CFA, l’évolution souhaitée par certains implique notamment de revoir de fond en comble le rapport entre les deux monnaies, tout en redéfinissant clairement les avantages à ce jour. A en croire Michel Sapin, son pays jouera le rôle d’accompagnateur, «pour aider, garantir la stabilité monétaire». Une stabilité qu’il a jugée «très utile aux pays concernés», bien qu’il n’ait pas cessé d’encourager implicitement les «Africains» à continuer avec le franc CFA.