Accusés dans l’affaire du projet de lotissement dénommé ‘’Mangoumba’’ où des dizaines de milliards auraient disparus, le patron de Satram-EGCA et l’ex-conseiller financier du ministre Magloire Ngambia ont été mis sous mandat de dépôt, le mardi 14 février, à la prison centrale de Libreville.

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Interpellé puis annoncé libre par ses proches quelques temps après, le directeur général de Satram-EGCA a finalement été mis sous mandat de dépôt le mardi 14 février à la prison centrale de Libreville. Cette arrestation est consécutive au dossier concernant la réalisation du programme des lotissements sociaux de 100 ha, attribué à la Société nationale immobilière (SNI) dénommé ‘’Mangoumba’’,. Ce lotissement situé dans la commune d’Akanda, nord de Libreville, devaient accueillir 1000 parcelles à vendre.

Mohamed Aït Ben Ali est soupçonné d’être complice d’un détournement de fonds destinés à la réalisation de ce lotissement. On rapporte qu’en 2013, la SNI lui aurait rétrocédé le marché sous la forme d’un contrat de gré à gré, entièrement négocié par le ministre Magloire Ngambia, ministre de l’Habitat de l’époque. 36 milliards lui auraient été accordés dans le cadre de ce marché, sauf que les banques auprès desquelles avait été souscrit le prêt avaient flairé une savante supercherie : L’évaluation des travaux réalisés sur le site ne correspondait pas au montant estimé, ce qui les amenés à suspendre le paiement du montant restant. Où est donc passé l’argent débloqué ?

Pourtant, un crédit de 20 milliards de FCFA avait été contracté par la SNI auprès de deux banques, dans le cadre de la réalisation de ce projet. Le bureau Véritas, bureau de contrôle avait été commis pour ces travaux, ainsi qu’une société de commercialisation des parcelles (GIV). Un compte séquestre pour le versement du produit des ventes et de réservation des parcelles avait été ouvert, afin de servir au remboursement du crédit couvert par une garantie de l’Etat gabonais.

Il est également indiqué que 45 ha sur les 100 ha sélectionnés étaient la propriété d’un compatriote qui a été dédommagé exclusivement par Satram.

Dans tous les cas, ce dossier évoque une affaire de gros sous, susceptible de révéler d’autres noms. Pas étonnant que le conseiller financier du ministre Ngambia, Christian Nkero Capito ait également été arrêté. Toutefois, contrairement aux informations distillées ici et là faisant état de l’arrestation de Nativité Ongala et Irène Patricia Manguila, ces personnes ont certes été entendues en première comparution chez le juge, mais remises en liberté.

Par ailleurs, l’un des principaux coaccusés, le patron de Satram-EGCA, serait sous le coup d’un autre mandat d’arrêt de la justice marocaine, émis le 1er août 2014.

Auteur : Alain Mouanda