C’est l’exhortation du collectif des femmes dont la manifestation a été empêchée jeudi par la police à la présidente de la Cour constitutionnelle. Le groupe l’accuse de s’être arrogée les pouvoirs du législateur, et lui demande de démissionner pour «éviter de faire sombrer le pays dans l’anarchie et la violence».

Marie-Madeleine Mborantsuo appelée à démissionner par «les femmes gabonaises». © jeuneafrique.com

 

N’ayant pu tenir leur mouvement devant la Cour constitutionnelle ce jeudi 22 novembre, le collectif dit des «femmes gabonaises» n’a pas moins rendu publique sa déclaration adressée à Marie Madeleine Mborantsuo. Une déclaration que le groupe présente comme «un message de salut national» censé prouver que «les femmes gabonaises aspirent à la paix et à la réconciliation nationale».

Or, pour ces femmes, cette paix et cette réconciliation nationale passent inévitablement par la démission de la présidente de la Cour constitutionnelle, tenue pour «première responsable du blocage depuis 27 ans de la démocratie dans notre pays». Elles lui assurent par ailleurs qu’il est encore temps de rentrer dans «l’histoire».

«Madame Mborantsuo, vous pouvez encore, aujourd’hui, faire marche arrière et éviter par vos décisions de faire sombrer le pays dans l’anarchie et la violence, en contraignant par votre entêtement le peuple à défendre sa souveraineté, la patrie et la Constitution, dans la stricte application de l’article 1 alinéa 21 de la Constitution du Gabon», lui conseillent-elles, lui rappelant que «toute la République gabonaise a aujourd’hui les yeux rivés sur [elle.

«Si le Gabon bascule dans la violence, préviennent-elles, le peuple tout entier vous tiendra pour responsable de ce chaos. C’est pourquoi, nous avons décidé de venir vous porter ce message, de femmes à femme, de mères à mère. Madame Mborantsouo, faites une minute appel à votre conscience. L’histoire vous offre l’occasion unique de vous amender aux yeux du peuple gabonais dont vos prises de parti vous ont complètement décrédibilisée au poste de présidente de la Cour constitutionnelle. Démissionnez Madame ! Et recherchons toutes ensemble la meilleure voie pour un retour à la cohésion nationale que notre pays n’a plus connue depuis les hold-up électoraux de 2009 et 2016.»