Le petit Jordan Essambo, 10 ans environ, porté disparu le 25 août vers 18 heures à Akontang (Minvoul), n’a été retrouvé que le lendemain, son corps «dépiécé». Il était le fils unique de sa mère.

Tel que découvert… le petit Jordan. © Gabonreview

Tel que découvert… le petit Jordan. © Gabonreview

 

Si l’histoire n’a pas fait grand bruit, c’est parce que le Gabon était plongé dans la phase décisive de l’élection présidentielle du 27 août dernier. Alors que les Gabonais s’apprêtaient à aller voter, le petit Jordan est sorti en fin d’après-midi. C’était certainement pour aller s’amuser avec les gamins de son âge du quartier Akontang, dans la commune de Minvoul, au nord du Gabon.

Autour de 18 heures, le môme n’était toujours pas de retour au domicile familial. Ses parents ont cru que le petit avait tellement pris plaisir au jeu et tardait à rentrer à la maison. L’attente va se transformer en angoisse au fur et à mesure que Minvoul s’enfoncait dans la nuit. Les parents saisissent alors la gendarmerie qui a aussitôt ouvert une enquête, rapporte à Gabonreview un habitant de la ville.

Le lendemain, «aux alentours de midi, le corps de Jordan est retrouvé au détour d’une piste», rapporte le média en ligne GMT.  Il y manquait «un œil, la langue, son sexe et une partie du muscle fessier». Que s’est-il passé ? L’enquête va révéler des traces de sang dans une salle de classe de l’école publique de Nkol-Ngame. Ce qui a laissé croire que le meurtre de l’enfant aurait probablement eu lieu à cet endroit.

A la suite de cette découverte macabre, la famille a porté plainte au tribunal de première instance d’Oyem et deux individus proches de la famille – deux oncles maternels – ont été appréhendés pour besoin d’enquête. Citant des sources familiales, GMT affirme que les proches du petit garçon subiraient actuellement des pressions pour étouffer l’affaire. Dans ce contexte, tout porte à croire qu’il s’agit d’un acte commandité.

La coïncidence de ce drame avec l’élection laisse l’opinion perplexe. Les organes prélevés sur le corps du petit Jordan suggèrent un crime rituel. Ce drame rappelle beaucoup d’autres survenus à travers le pays à la veille des échéances électorales. Quoi qu’il en soit, l’enquête se poursuit et devrait permettre de faire la lumière sur ce meurtre odieux qui relance le débat sur les crimes rituels.