Limogé sans ménagement la veille, l’ex-ministre du Pétrole et des Hydrocarbures a été raccompagné sous les huées des agents, ce 10 janvier à Libreville.

Des membres du ”comité d’adieu” d’Etienne Ngoubou, peu après son départ. © Gabonreview

 

Sortie peu glorieuse, ce 10 janvier à Libreville, pour Etienne Dieudonné Ngoubou. Limogé du gouvernement la veille, l’ex-ministre du Pétrole et des Hydrocarbures a été raccompagné sous les huées des agents de l’administration qu’il dirigeait depuis 2012. «Voleur !», «Même pas honte !», «On a gagné !», «On te la fait sans vaseline !» sont les principales phrases qui ont été jetées à la face de l’ex-membre du gouvernement qui, pour l’occasion, a bénéficié de la protection des agents de la police militaire.

En grève en décembre 2014, les agents avaient déjà appelé au limogeage d’Etienne Ngoubou. © Gabonreview

Il faut dire qu’Etienne Dieudonné Ngoubou, présenté comme l’un des ministres les plus hautains et dédaigneux que les agents du ministère du Pétrole aient connu, n’avait jamais su plaire. Les tensions entre lui et les agents s’étaient très tôt fait ressentir au sein de l’administration. «C’est un ministre qui ne respectait, ni ne souhaitait échanger avec les agents, même lorsque que les revendications de ceux-ci étaient fondées», se rappelle une femme disant être agent au ministère depuis plus de 10 ans. Et si elle promet de diffuser la vidéo du départ peu glorieux de son ancien patron, c’est qu’«il l’a bien mérité».

Un autre agent, indiquant du doigt le coin gauche du portail principal du ministère, s’écrie : «C’est ici ! C’est à cet endroit que je me trouvais lorsqu’il nous avait fait comprendre qu’il nous (posséderait) sans vaseline !» Ces propos de l’ex-ministre avaient, en effet, fait le tour des réseaux sociaux. Ils avaient été prononcés le 11 décembre 2014 à l’endroit des agents qui avaient alors initié une grève pour réclamer, entre autres, le paiement de la PIP à défaut du retour des fonds communs et l’amélioration de leurs conditions de travail. Peu après, les agents du ministère et de la direction générale des études et laboratoires (DGEL) avaient exigé le «départ urgent» du ministre Ngoubou. Espérons d’ores et déjà que les choses se passent mieux avec Pascal Houangni Ambourouet, nouveau ministre du Pétrole et des Hydrocarbures.