Des équipes mixtes travaillent, depuis plusieurs mois, sur le transfert de l’unique Centre hospitalier public de la commune d’Akanda à la Direction générale des services de Santé militaire. Cette collaboration intervient après la résistance, sur une bonne période, de certains membres de la direction de l’établissement.

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Sur la «dépouille mortuaire» du Centre hospitalier universitaire d’Agondjé (CHUA), l’Hôpital d’Instruction des Armées d’Angondjé entrera dans le réel au premier trimestre 2018. Avec l’Hôpital d’Instruction des Armées du PK9 dans l’Est de Libreville, le Gabon disposera ainsi de deux hôpitaux militaires ultra-modernes. Les raisons de ce changement d’habillage ont d’une certaine manière été évoquées lors du Conseil des ministres du 21 juin 2017 : le personnel médical et paramédical militaire étant en surnombre au PK9, il s’agit de trouver une nouvelle affectation à un grand nombre d’entre eux. «Au regard de la capacité des structures d’accueil du Service de Santé Militaire qui se réduisent devant l’afflux important des malades ; et afin de permettre ainsi un meilleur quadrillage hospitalier au Gabon», expliquait en effet le communiqué final du conclave gouvernemental.

C’est la première fois au Gabon qu’un hôpital civil sera transféré au patrimoine médical militaire. La crainte des usagers est de voir l’accès à leur «hôpital» limité par des dispositions par trop rigoureuses. Pour leur part, les personnels administratif et paramédicaux éprouvent quelques appréhensions pour la suite de leur carrière. «A quelle sauce, allons-nous être mangés ? Va-ton nous envoyer dans des structures de seconde zone ?», se demande Jeanne Missimba, infirmière dans cet hôpital ultra-moderne. La dame a certainement, dans un coin de sa mémoire, le souvenir de nombreux infirmiers et agents techniques de la Fondation Jeanne Ebori, sans point d’affectation donc mis au chômage du fait  la destruction-reconstruction de leur hôpital.

Pendant quelques semaines, les équipes du CHUA ont travaillé toutes seules à la mutation de leur structure. Depuis quelques mois, la direction générale des services de Santé militaire y a envoyé des délégués pour comparer les données et les éléments d’appréciation. Au titre des «secteurs» déjà «visités» par les équipes, il y a l’accueil, les affectations des personnels, les moyens de transport, les équipements et le plateau technique. L’unité sanitaire de dénommera  «Hôpital d’Instruction des Armées d’Angondjé».

«Au plus tard, à la fin du premier trimestre de l’année 2018, cette mutation prendra forme», indique un membre des équipes affectées au projet.