Prévue pour être effective dès juin 2015, la migration de la télévision analogique à la télévision numérique terrestre (TNT) reste attendue depuis deux ans, alors que les autorités n’ont cessé de renouveler leurs promesses au sujet de ce projet douteux et couteux.

Au Gabon, la migration à la TNT n’est pas pour demain. © MaxPPP

 

Deux ans que les mêmes promesses sont faites au sujet de la migration de la télévision analogique à la télévision numérique terrestre. Certains ménages, convaincus de ce que ce projet, présenté comme faisant partie des priorités du premier mandat d’Ali Bongo, allait aboutir, s’étaient préparés en acquérant les téléviseurs adaptés. Sauf que depuis l’annonce de cette hypothétique migration, rien ne s’est fait conformément au délai fixé au 15 juin 2015. Pourtant, le gouvernement n’en démord pas. Ces derniers jours, le projet a été sorti des cartons au ministère de l’Economie numérique. Alain-Claude Bilie-By-Nze et ses collaborateurs, au cours d’une réunion, le 17 juillet, ont à nouveau émis l’idée de rendre possible cette migration réussie dans certains pays du continent parmi lesquels le Maroc, l’île Maurice, le Malawi, le Mozambique, le Rwanda, la Tanzanie et la Tunisie. L’Afrique du Sud et le Nigéria fixent pour fin 2019 au plus tard leur passage.

Le problème du Gabon, dit-on, réside dans le coût que pourrait nécessiter cette migration. «Il ne faut qu’il nous coûte trop cher, ce passage à la TNT», ont prévenu les participants à la récente réunion présidée par le ministre en charge de l’Economie numérique. La crise économique que traverse le pays fait partie des principales raisons brandies par les autorités gabonaises, au sujet de la réalisation de ce projet comme bien d’autres. En mai 2015, quelques semaines avant la date fixée par le gouvernement pour le passage à la TNT, l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (Aninf) émettait déjà de sérieux doutes sur la faisabilité du projet. Elle estimait alors le coût global de l’opération à 60 milliards de francs. De plus, pris part l’euphorie du projet, l’Etat prévoyait, à l’époque, de distribuer 440 000 décodeurs et 5 000 téléviseurs TNT. Un opérateur avait d’ailleurs été trouvé : Startimes, qui devait se charger d’installer 200 émetteurs à travers tout le pays, jusqu’à ses zones les plus reculées. Face à la crise, le leader chinois de la TNT est-il encore aujourd’hui dans les plans du Gabon ? Rien ne permet de le dire, mais plusieurs groupes n’ont pas caché leur attrait pour ce projet au Gabon.

Comme en décembre 2014 sous Pastor Ngoua Neme, l’actuel ministre en charge de l’Economie numérique organisera-t-il prochainement une table-ronde permettant de mobiliser des financements publics et/ou privés, nécessaires à la mise en œuvre du projet de migration du Gabon vers la TNT ? Tout reste à voir.