Les trois meurtriers présumés de l’étudiant de l’IUSO ont été placés en détention préventive le 10 août. Devant le juge, deux d’entre eux ont nié leur responsabilité, accusant plutôt Jean Ntoutoume Eko Mbot, alias Kéméka.

Jean Ntoutoume Eko Mbot dit «Kéméka» est présenté par ses complices présumés comme l’auteur du coup de couteau fatal à Roméo Kombila. © D.R.

 

On en sait un peu plus sur le meurtre de Roméo Fridolin Kombila Kombila. L’étudiant de l’Institut universitaire des sciences de l’organisation (IUSO) a été mortellement poignardé dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 août aux alentours du bar «Le perchoir» au PK6 à Libreville. Présentés comme les auteurs présumés du meurtre, Jean Ntoutoume Eko Mbot dit «Kéméka», Yannick Owono Zué dit «Kadaffi» et Borris Makita dit «Fololo» ont été placés en détention préventive vendredi dernier, informe le quotidien L’Union. Une enquête préliminaire avait été lancée ces derniers jours, qui a donné lieu à une audition des trois principaux accusés.

A cette étape de l’affaire, et en attendant leur procès devant la cour criminelle, tout porte à croire que le coup fatal à l’étudiant a été donné par «Kéméka». C’est, en tout cas, la version servie devant le juge Steeve Ndong Essame Ndong par «Kadaffi» et «Fololo».

Yannick Owono Zué dit «Kadaffi». © D.R.

Voici, rapportée par L’Union la version du présumé «Kadaffi» :

«La nuit du meurtre, Fololo et moi étions dans un bar au PK5, avant que Kéméka et un autre frangin, Kaolo, ne nous rejoignent. J’ai eu envie de jouer au jeu des chevaux, mais il y avait déjà l’étudiant sur la machine. J’ai introduit 200 francs, attendant qu’il termine pour que je puisse jouer à mon tour. J’ai été surpris de constater qu’il jouait avec mes pièces, qui lui ont rapporté un gain de 6000 francs. A ce moment, j’ai voulu qu’il me rembourse, mais il m’a opposé une fin de non-recevoir. Lorsque Kéméka a vu cela, il s’est mis à menacer le gars, puis tout s’est calmé et nous sommes sortis du bar.»

N’ayant vraisemblablement pas pris part aux échanges entre Kéméka, Roméo et Fololo, la version de Kadaffi démarre au moment où ses compagnons et lui-même attendaient un taxi sous l’échangeur du PK6 pour aller finir leur soirée à IAI, au bar «Le Conteneur» :

Borris Makita dit «Fololo». © D.R.

«L’étudiant est passé à côté de nous, puis a traversé la route pour aller prendre le taxi de l’autre côté. Kéméka a pris le couteau, puis a traversé à son tour la route. Nous avons juste vu de loin des mouvements de bras dans la pénombre. Après cela, Kéméka nous a rejoints dans le taxi sans nous dire ce qui s’était passé entre lui et l’étudiant. Ce n’est qu’au petit matin, quand je suis rentré chez moi au Perchoir, qu’un grand frère du quartier m’a dit qu’il a vu depuis son domicile l’acte que Kéméka a commis.»

Si le quotidien indique que Kéméka a rejeté toutes les accusations portées contre lui par ses compagnons, l’on se rappelle toutefois qu’il avait donné sa version des faits le jour de leur arrestation. Voici ce qu’il disait, l’air essoufflé, devant la caméra de la télévision publique Gabon 1ère :

Jean Ntoutoume Eko Mbot dit «Kéméka». © D.R.

«(Dans la nuit du 2 au 3), mes amis et moi étions entre le PK5 et Rio, à côté du Cecado. J’y avais retrouvé Kadaffi qui m’a offert un pot. Quand je me suis assis, Kadaffi s’est levé pour aller jouer au jeu des chevaux, dans lequel on met des pièces (de monnaie). Tout à coup il s’est discuté avec un gars qui jouait aussi au jeu de pièces, soit disant que le gars lui devait de l’argent. Je n’ai pas beaucoup cherché à réfléchir, j’ai pris la bouteille, je l’ai cassée et je l’ai poignardé. Après on est parti à IAI. En arrivant à IAI, on a trouvé un innocent qui prenait son taxi. Kaolo m’a passé le couteau, j’ai traversé la route et j’ai poignardé l’innocent une fois sans raison. C’est après cet acte qu’on s’est séparé. Moi, je suis rentré chez moi à Belle-Vue I, eux aussi sont rentrés chez eux.»

Aux dires des trois prévenus, il existe un 4e complice présumé du nom de Kaolo, qui reste introuvable jusqu’à lors. Sa version des faits permettrait d’avancer dans le dossier et de définir clairement les responsabilités de chacun. Ils encourent la prison à perpétuité.