Des jours après la colère du président de la République contre leur «attentisme», les membres du gouvernement concernés par les mesures prioritaires annoncées le 31 décembre 2017 ont été invités par le Premier ministre à accélérer leur mise en application.

Emmanuel Issoze Ngondet a hâté, le 13 mars, ses collègues à mettre en application les mesures présidentielles urgentes. © Primature-Gabon

 

La colère et la mise en garde d’Ali Bongo à l’endroit du gouvernement, le 9 mars, commencent à porter leurs fruits. Emmanuel Issoze Ngondet a réuni, mardi 13 mars, les ministres concernés par les mesures urgentes annoncées par le président de la République à l’occasion de sa présentation des vœux à la nation. Cette réunion visait un but précis : hâter ses collègues à mettre en application les mesures présidentielles plus de deux mois après leur annonce. Il s’agit notamment des mesures liées à l’amélioration des conditions d’apprentissage dans les établissements d’enseignement primaires et celles liées à un meilleur accès aux soins de santé des Gabonais ainsi que la gratuité des frais d’accouchement dans les structures publiques à travers le pays.

S’ils comprennent l’impatience du président de la République, au sein du gouvernement, certains assurent n’avoir pas perdu de temps et disent être en passe d’appliquer sur le terrain les mesures les concernant. Au ministère de l’Education nationale, l’on affirme que cette réunion a permis de «faire le point d’avancement de toutes les démarches qui ont été effectuées» ces dernières semaines. Pour la réhabilitation des écoles primaires, par exemple, Nadine Patricia Anguile Obame dit travailler actuellement avec ses partenaires, à l’instar de l’ANGTI. «L’identification et le recensement ont été réalisés sur l’ensemble du territoire national. Ce sont en effet, 782 écoles qui sont concernées par cette opération. Les sites ont été visités par des missions envoyées sur le terrain, les appels d’offres sont en cours, avec la sélection des prestataires», confirme la Primature sur son compte Facebook.

Le Premier ministre et ses collègues concernés par les mesures urgentes, en travaux, le 13 mars 2018, à Libreville. © Primature-Gabon

Pour ce qui est de la mise en application de la mesure de gratuité des frais d’accouchement dans les structures sanitaires publiques et l’amélioration de l’accès des soins de santé aux Gabonais à travers le pays, la ministre de la Santé assure également être à pied d’œuvre depuis plusieurs semaines. «Nous avons mis en place une méthodologie (consistant à) rencontrer les spécialistes de l’accouchement, donc les sages-femmes, les réanimateurs, les pharmaciens, la Société gabonaise de gynécologie et la Société gabonaise de pédiatrie. Aujourd’hui, tout le matériel est prêt, dont les kits d’accouchement, (que) nous allons faire partir vers l’intérieur du pays», a annoncé Denise Mekam’ne, précisant que pour l’effectivité de cette mesure sur le terrain, 56 structures ont été identifiées à travers le pays, qui travailleront en réseau pour minimiser le risque d’engorgement. La Cnamgs pour sa part assure toujours de son accompagnement dans le cadre de «l’ordonnance zéro», qu’elle promet dès la première consultation.

A la Primature, l’on assure que le président de la République lancera bientôt officiellement l’application de ces différentes mesures. Du côté de la population, on ne demande qu’à voir pour s’en convaincre.