À mesure qu’avancent les mesures d’austérité prises par l’équipe Issozé Ngondet, il se trouve encore des centaines d’agents publics à n’avoir eu ni leurs bons de caisse du mois de juillet, ni leurs salaires du mois d’août. Ainsi que l’indiquait dernièrement Gabonreview, de nombreux fonctionnaires ont encore manifesté le 28 août devant le ministère de la Fonction publique qui ne sait faire montre que d’intransigeance et de radicalisme. Le 6 août dernier, ils y étaient déjà. Jusqu’où iront cette intransigeance et ce radicalisme ? 

Manifestation, devant le ministère de la Fonction publique, de fonctionnaires en attente de leurs bons de caisse. © D.R.

 

Dans l’opinion, de nombreux observateurs pensent qu’il faut donner les bons de caisse et les salaires à ceux qui les demandent, et mettre ensuite en place des mécanismes de pointage à compter du mois d’octobre 2018 ! A ce moment-là, les «absents» pourraient être sanctionnés. Parce que, pour le moment, l’opération Bons de caisse semble devenir une occasion pour régler des comptes à certains agents publics !

De nombreux enseignants, mais aussi des commis d’administration, des informaticiens, et même de hauts fonctionnaires ayant effectué des missions à l’extérieur – quelques milliers de personnes tout de même – se voient obligés de manifester, de donner de la voix, de se plaindre avec force et vigueur devant le portail du ministère de la Fonction Publique, de la Modernisation du Service public, chargé de la Réforme de l’Etat. Au-delà de l’impréparation qu’a révélé cette opération, il reste que celle-ci va finir par faire croire qu’il existe d’autres motivations, puisque tout cela se fait avec une intransigeance et un radicalisme outranciers !

Trop d’intransigeance, pas assez de compréhension et de dialogue avec les plaignants

Dans l’opinion, des voix s’élèvent de plus en plus pour exiger que l’on paie à tous les agents qui en font la réclamation leurs salaires de juillet et d’août, quitte à mettre ensuite en place des mécanismes de surveillance, si les textes en vigueur l’autorisent, à compter du mois d’octobre. «Parce que la situation actuelle montre bien que le gouvernement n’a pas raison sur toute la ligne. Alors, le moment est venu de réorganiser les choses, quitte pour le gouvernement à mettre en place sa volonté de tout contrôler», souligne un ancien ministre.

Ce sentiment est de plus en plus largement partagé au sein de l’opinion. «Les images que renvoie la présence de ces agents publics devant le ministère de la Fonction Publique sont indignes de notre pays», estime un conseiller de ministre.

Lancées le 17 juillet dernier, les opérations liées aux bons de caisse des agents de l’Etat ont laissé «sur le carreau» quelques milliers de fonctionnaires, dont le ministère de la Fonction publique ne veut entendre ni réclamation, ni recours, ni exigence de paiement des salaires. Cette intransigeance ne peut que nuire à l’efficacité de l’opération, car les responsables de ces opérations veulent «faire du chiffre, rien que du chiffre».