Depuis l’annonce des réformes visant à réduire le train de vie de l’Etat, le Médiateur de la République n’a pas donné signe de vie. Laure Olga Gondjout ne partagerait-elle pas les convictions du gouvernement quant à la nécessité d’appliquer ces mesures ?

Le Médiateur de la République Laure Olga Gondjout. © Flickr/ITU

 

Où est passée Laure Olga Gondjout ? Le Médiateur de la République est invisible depuis plusieurs mois. Si sa dernière apparition publique date de juin 2017, à l’occasion de l’arrivée au Gabon du Cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, sa dernière prise de parole officielle date quant à elle du 12 avril 2017. C’était pendant le dialogue national d’Angondjé. A l’époque, elle se plaignait des coups bas de certains ministres et proches du président de la République qui, selon elle, torpillaient ses initiatives, comme pour l’empêcher de mener à bien ses missions.

Plus d’un an après, Laure Olga Gondjout en voudrait-elle encore à ceux qu’elle avait reproché notamment de ne pas l’avoir écoutée alors qu’elle tentait d’éviter les émeutes postélectorales de 2016 ? Aurait-elle simplement décidé de cesser ses activités ? Quoi qu’il en soit, alors que le gouvernement a appelé tous ses soutiens à convaincre les Gabonais de la nécessité des mesures annoncées récemment en vue de réduire le train de vie de l’Etat, le Médiateur de la République apparaît pour certains comme un atout pour cette campagne d’explication. D’autant plus que l’une de ses principales missions est de prévenir et d’intervenir dans les litiges opposant les citoyens et l’administration. Or, Dynamique unitaire, la plus importante confédération syndicale du pays, a déjà annoncé qu’elle irait au front contre le gouvernement si certaines de ses mesures les moins populaires entraient en application ce mois de juillet.

Le gouvernement devrait donc plus que jamais faire recours au Médiateur de la République. Depuis sa nomination à ce poste le 16 janvier 2014, Laure Olga Gondjout, «en dépit d’une administration inexistante et d’un budget rachitique», s’est évertuée à honorer ses missions chaque fois qu’elle a été sollicitée. Avec plus ou moins de réussite, elle était intervenue dans l’affaire des déflatés de la CNSS, de la sanction pécuniaire infligée par l’Arcep à l’entreprise Usan, le propriétaire de l’opérateur de téléphonie mobile Azur, et dans l’affaire des commerçantes supposément dénudées par des agents de la police nationale en octobre 2015.

Le président de la République et le Premier ministre pourraient-ils se passer d’elle ? Certains pensent que oui, quand d’autres, plus critiques, appellent à supprimer simplement la fonction de Médiateur de la République. Pour eux, il s’agit de coller à la stratégie de réduction du train de vie de l’Etat adopté en juin par le gouvernement. Rarement sollicitée ces derniers mois, Laure Olga Gondjout semble, quant à elle, avoir compris le message : sa fonction n’est que peu importante aux yeux des autorités.