A l’occasion de la rencontre avec les leaders religieux de la communauté musulmane du Gabon, le 28 décembre à Libreville, le ministre de l’Intérieur a déploré la prolifération des mendiants autour des mosquées.

Le ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha, le 28 décembre 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

A l’occasion de son échange avec les responsables religieux de la communauté musulmane du Gabon et les membres du Conseil supérieur des Affaires islamiques du Gabon (CSAIG), le 28 décembre à Libreville, le ministre de l’Intérieur a fait constater l’amplification de la présence des handicapés aux abords des mosquées. C’est un «problème de conscience et d’insalubrité publique», a alerté Lambert-Noël Matha.

Aux alentours des mosquées de la capitale et même à l’intérieur du pays, le phénomène se développe à un rythme vertigineux. Assises à même le sol, sur une natte, un tricycle, soutenues par des béquilles ou accompagnées, parce que non-voyantes, ces personnes «gagnent leur vie» en récoltant l’aumône. Elles trainent ainsi à longueur de journée près des mosquées et sur les trottoirs de certaines artères de la ville en quémandant.

D’autres, physiquement aptes, vont de quartiers en quartiers, parcourant des kilomètres et visitant des boutiques où elles reçoivent des pièces de monnaie ou des aliments. Pis, le phénomène entraine dans la rue des enfants de tout âge, transformés en professionnels de la manche. Une exploitation des enfants, du reste, illégale aux yeux de la législation gabonaise.

Le ministre de l’Intérieur a ainsi attiré l’attention des imams et prédicateurs, invitant ces derniers à agir pour lutter contre le phénomène. «Le gouvernement souhaiterait l’implication des responsables religieux que vous êtes dans la résolution de cette question qui constitue également un problème de conscience et de salubrité publique que nous nous devons de prendre à bras-le-corps et d’éradiquer», a déclaré Lambert-Noël Matha.

Pour le membre du gouvernement, ce problème concerne notamment des ressortissants l’Afrique de l’Ouest. D’où l’appel du ministre de l’Intérieur «à l’observance, par l’ensemble des communautés étrangères, des règles élémentaires du vivre ensemble chères aux Gabonais».