Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de l’Immigration et de la Décentralisation, Guy Bertrand Mapangou, dans un communiqué rendu public le 19 décembre 2014 en milieu d’après-midi, a interdit le meeting que projette l’opposition gabonaise ce samedi 20 décembre 2014 au carrefour Rio, à Libreville.

Carrefour Rio à Libreville : un meeting de l’opposition en septembre 2012. © jp-rougou.blogspot.com
Carrefour Rio à Libreville : un meeting de l’opposition en septembre 2012. © jp-rougou.blogspot.com

 

En prévision du meeting annoncé par l’opposition pour ce 20 décembre 2014, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de l’Immigration et de la Décentralisation a tenu à rappeler les règles concernant l’organisation des réunions publiques sur le territoire gabonais. Une opération qu’il avait déjà menée les 12 et 25 novembre 2014 lors de précédentes communications. Guy Bertrand Mapangou dit regretter que malgré ses récents appels au respect de la loi, «de nombreux compatriotes s’obstinent à vouloir organiser des réunions publiques en violation des dispositions législatives et règlementaires en la matière». Le ministre de l’Intérieur note que ces personnes ne se sont pas soumises à «l’obligation d’une déclaration préalable indiquant le but, le lieu, le jour, l’heure et les noms et prénoms, qualités et domiciles des organisateurs de la réunion prévu par l’article 5 de la loi n°48/60 du 8 juin 1960 sur les réunions publiques».

Il revient, selon le communiqué, au ministre de l’Intérieur, sur la base de la déclaration faite par les organisateurs de la réunion publique, d’apprécier l’opportunité d’autoriser ou non la tenue de la réunion publique envisagée. Par conséquent, se prononçant sur le meeting de ce 20 décembre 2014 à Rio, Guy Bertrand Mapangou indique avoir bien reçu le 17 décembre 2014 une demande d’autorisation de la part des responsables des partis politiques que sont EPI, PGP, RNB, UDPS et l’URDP. Au «cours de l’échange que le ministre de l’Intérieur a eu ce jour (19 décembre 2014 – ndlr), à son cabinet avec les responsables de ces partis politiques, il ressort que leur requête  est conforme aux dispositions de la loi n° 48/60 du 8 juin 1960 susvisée, notamment en son article 6 qui traite des délais de saisine d’une part, et d’autre part de la loi n° 16/2011 du 14 février 2012 portant modification de la loi n° 24/96 du 6 juin 1996 relative aux partis politiques ; en ce sens qu’ils sont légalement constitués», indique le communiqué

«Cette requête ayant reçu l’assentiment de son département ministériel pour la tenue de ce meeting, des instructions avaient déjà été données aux Forces de Police Nationale pour sa sécurisation», poursuit le communiqué avant de préciser que «le ministre de l’Intérieur a fait observer à ses interlocuteurs, ainsi qu’ils l’ont reconnu eux-mêmes, que pourraient prendre également part à cette rencontre des citoyens se réclamant des structures politiques non reconnues, qui appellent ouvertement à l’insurrection et à la désobéissance civile». Remarque au sujet de laquelle les leaders politiques de l’opposition reçus ont, pour leur part, attiré l’attention du ministre sur des informations selon lesquelles «des personnes mal intentionnées projetteraient de perturber leur manifestation». En conclusion, «ce faisceau d’informations concordantes sur d’éventuelles infiltrations et perturbations qui pourraient entrainer de possibles troubles à l’ordre public, ont amené le ministre de l’Intérieur à reconsidérer sa position», indique le texte.

Au regard de ce qui précède, précise le communiqué, le ministre de l’Intérieur en sa qualité de garant de l’ordre public,  a souligné que «le meeting prévu ce samedi 20 décembre 2014 à 13 heures à  Rio est interdit».