Pour avoir reconnu sa qualité de «président de la République» à Ali Bongo, et présenté Jean Ping comme le «président de la Coalition pour la nouvelle République», le président de l’UPG dite loyaliste s’est attiré les foudres d’une partie de l’opposition, critique à l’égard de la médiation qu’il entend conduire entre les deux rivaux politiques.

Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, victime d’une «guerre aux épithètes» pour sa médiation. © Gabonreview

 

Les soutiens et partisans de Jean Ping n’ont pas beaucoup apprécié la sortie, lundi 7 août, de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou. Selon eux, le président de l’aile dite «loyaliste» de l’Union du peuple gabonais (UPG) a péché. D’aucuns considèrent d’ailleurs qu’il a définitivement trahi leur cause, celle que lui et de nombreux Gabonais défendent depuis le 31 août 2016, date de la proclamation des résultats de la dernière présidentielle en faveur d’Ali Bongo. Sinon, comment comprendre qu’il présente aujourd’hui l’ancien candidat du Parti démocratique gabonais (PDG), dont la victoire est toujours contestée par son principal rival, comme «le président de la République» ? Comment ose-t-il reléguer leur champion, Jean Ping, en sa seule qualité de «président de la Coalition pour la nouvelle République» ? Sur les réseaux sociaux, son post a déchaîné les passions.

Pourtant, en choisissant d’adresser son courrier à Ali Bongo, officiellement reconnu comme étant le chef de l’Etat gabonais, et à Jean Ping dont la prétendue victoire dans les urnes n’a pas été reconnue par les institutions du pays, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou dit avoir été contraint au seul respect des «usages diplomatiques», qui imposent «de traiter chacun avec les distinctions de son rang, et ce, même lorsque l’on conteste ledit rang». Il s’est donc agi de donner toutes ses chances à la médiation qu’il entend conduire entre les deux hommes.

Or, pour le leader de l’UPG, qui comprend mal la «guerre aux épithètes» lancée ces derniers jours sur la Toile, «pour arbitrer un litige ou faciliter une médiation, il ne faut pas être dans les extrêmes, il faut se placer à l’épicentre des différentes lignes». «A ce titre donc, il faut rompre avec l’émotion et le parti pris, et traiter Monsieur Ali Bongo Ondimba dans sa qualité actuelle, avec l’épithète qui lui convient. Cette prévenance, qui ne préjudicie en rien le fond du débat mais en facilite la tenue, réserve à chaque partie, toute la latitude d’exposer l’étendue de ses prétentions et tout le soin d’œuvrer au succès de sa cause devant les médiateurs», lit-on, mercredi 9 août, sur sa page Facebook.

Refusant d’appeler Jean Ping «président élu du Gabon» comme ses nombreux partisans, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou assure toutefois n’avoir pas dévié de son objectif. Or, conseille-t-il, «il faut éviter de confondre l’approche de l’objectif, et savoir mettre de la courtoisie dans les formes». Gageons que ses compagnons de l’opposition, dont une partie s’est montrée très critique à l’égard de son initiative, arriveront à faire la part des choses.