La grève lancée, lundi 30 mai, par le Syndicat national des professionnels de la communication (Syprocom) n’est pas suivie par le Syndicat nationale des personnels de l’audiovisuel public (Synapap), qui reconnait des avancés dans les négociations avec le ministère de la Communication.

A la Maison Georges Rawiri, le Syprocom et le Synapap ne s’accordent pas sur la grève lancée le 30 avril 2018. © worldradiomap.com

 

Gabon Télévisions et Radio Gabon sont en grève depuis le 30 avril. Ce nouveau débrayage intervient deux semaines après les négociations lancées par Alain-Claude Bilie-By-Nze, le ministre d’Etat en charge de la Communication. Problème. A la Maison Georges Rawiri, siège du groupe auquel appartiennent les deux médias publics, ce mouvement n’est pas approuvé par tous. Le Synapap ne s’y reconnaît pas.

«Nous n’adhérons pas à cette grève pour la simple raison que le Synapap et la tutelle sont toujours en négociation», justifie Aminata Ondo, présidente de l’organisation syndicale qui, plusieurs mois plus tôt avait initié des grèves à répétition, avec en ligne de mire l’amélioration des conditions de travail et de vie des agents.

Un an plus tôt, sous la pression du Synapap, s’est tenu un conseil interministériel auquel le syndicat avait été invité. Les travaux visaient à examiner le cahier des revendications des syndicalistes afin d’y trouver des réponses. Des mois après, Aminata Ondo reconnaît des avancées. «A la suite de cette réunion, nous avons défini une feuille de route qui connaît aujourd’hui quelques résultats tels que la création de postes budgétaires pour des agents qui n’en avaient pas ainsi que la création d’une redevance audiovisuelle», se satisfait la présidente du Synapap.

Refusant d’entrer en grève pour donner la chance aux négociations entamées avec le gouvernement d’aboutir, Aminata Ondo invite le Syprocom à poursuivre la discussion avec la tutelle, en tant que «partenaire».

Depuis le dépôt de son préavis de grève le 5 avril, le Syprocom dénonce pêle-mêle le retard pris dans le lancement de la réforme de l’audiovisuel public officiellement adoptée par décret en 2011, les «méthodes et pratiques interventionnistes de l’autorité de tutelle, son omnipotence dans la gestion quotidienne de Gabon Télévisions», des «décisions arbitraires» à l’encontre de 23 journalistes ainsi que des producteurs. Le syndicat gréviste réclame, entre autres, «la mise en place d’une grille salariale», «la détermination du statut des personnels» du Groupe, la détermination de «l’organisation et les attributions des conseils d’administration (et) de directions générales».

Le Syprocom pointe enfin l’absence de textes règlementaires jugés «indispensables à l’application des décrets modifiant et supprimant certaines dispositions portant création, organisation et fonctionnement de Gabon Télévisions et de Radio Gabon».