Si ses propos sur l’interdiction d’accès aux médias publics des opposants contestant la légitimité des autorités gabonaises en place ont choqué, le ministre de la Communication a reprécisé, jeudi 31 août sur RFI, ses instructions aux responsables desdits médias.

Alain-Claude Billie-By-Nze, en août 2016 à Libreville. © Gabonreview

 

Il le sait, les instructions données aux patrons des médias publics à l’occasion de sa visite à la Maison Georges Rawiri, le 28 août, ont choqué, y compris sur le plan international, alors que le Gabon est déjà mal vu par certains de ses partenaires internationaux. Aussi, Alain-Claude Billie-By-Nze est-il passé à l’explicitation de sa pensée, jeudi 31 août, sur les antennes de Radio France internationale (RFI), reprécisant ses propos, sans jamais reconnaître sa maladresse.

«Je le répète encore une fois : il est hors de question, sur les chaînes publiques, de donner la parole à quelqu’un qui ne reconnaît pas les autorités en place. Il ira s’exprimer ailleurs que sur les chaînes publiques», avait lancé le ministre de la Communication sur Gabon Télévision, faisant allusion aux membres de l’opposition dite «radicale», regroupés au sein de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) tissée autour de Jean Ping, le principal rival politique d’Ali Bongo, dont il n’a pas cessé de contester la légitimité depuis sa réélection en août 2016.

Trois jours après, l’on doit comprendre qu’il s’agissait, en fait, d’une interdiction d’antenne à «ceux qui appellent à l’insurrection, à la haine, au renversement des institutions». Une allusion faite, cette fois, au premier leader de la CNR, dont le discours du 18 août invitant implicitement les Gabonais à manifester pour son accession au pouvoir, a été presqu’unanimement dénoncé par les médias nationaux. Pourtant, des mois avant le mot d’ordre de Jean Ping, ni lui ni ses soutiens ayant refusé de participer au dialogue politique d’Angondjé n’ont eu accès aux médias publics. Une entorse à la loi que le ministre de la Communication s’est bien gardé de reconnaître sur RFI. Bon prince, Alain-Claude Billie-By-Nze avoir simplement rappelé la loi aux patrons des médias publics.

N’empêche, le membre du gouvernement a répété : «Ceux qui ne reconnaissent pas la légalité constitutionnelle, donc les autorités en place, ne peuvent pas avoir accès (aux médias publics). Reconnaître les autorités, ce n’est pas les accepter ou adhérer à leur thèse. Reconnaître les autorités, c’est reconnaître qu’elles sont en place, même si on les combat, même si on s’y oppose.»