La Haute autorité de la communication (HAC) a statué le 22 août sur la situation de quatre médias et entreprises de diffusion sur le territoire national, frappant chacun d’une sanction allant d’un à douze mois, selon l’appréciation de la faute commise.

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Réunie en séance plénière ordinaire le 22 août dernier, la Haute autorité de la communication a pris des sanctions à l’encontre de quatre médias et entreprises privées exerçant sur le territoire gabonais. Des journaux aux entreprises audiovisuelles, chacun en a pris pour son matricule.

Ainsi, l’hebdomadaire Echos du nord est interdit de paraître durant un mois pour n’avoir pas déféré à une convocation du régulateur au sujet de la publication d’articles sur l’achat des véhicules de luxe par le vice-président de la République Pierre-Claver Maganga Moussavou. De son côté Satcon, distributeur de chaînes en Télévision numérique terrestre (TNT), s’est vu retirer provisoirement l’autorisation de commercialisation de bouquets durant 3 mois pour avoir piraté les chaînes de beIN Sports.

De même, le gendarme de la communication reproche à la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag) la diffusion des spots publicitaires contenant «des éléments véhiculant une image négative du peuple gabonais, donc contraire à l’éthique et à la déontologie en matière de production audio-visuelle». Par conséquence, elle interdit aux chaînes publiques et privées la diffusion de tout spot ou publireportage de cette entreprise, filiale du groupe minier français Eramet.

La sanction la plus lourde a été infligée à France 2. La chaîne de télévision généraliste française de service public est suspendue de diffusion pendant 12 mois (un an) sur les bouquets des opérateurs de distributions des chaines de télévision disponible sur le territoire gabonais, pour avoir rediffusé le 16 août 2018, à la veille des festivités marquant la fête de l’indépendance, le documentaire intitulé «Le Clan Bongo, une histoire française» réalisé par l’équipe de rédaction de «Complément d’enquête».

Pour l’autorité de  régulation des médias au Gabon il s’agit d’un «documentaire subversif sur le Gabon, qui porte atteinte aux institutions de la République, à la dignité d’autrui et de nature à troubler l’ordre public, cette chaîne a commis par ce fait, un acte répréhensible». Le conseiller-membre Lucie Akalane, porte-parole de la HAC, a soutenu sur le plateau de Gabon 1 ère que la décision de la HAC relève de la lecture combinée des articles 51 de l’ordonnance n000010/PR/2018 du 23 février 2018 portant création organisation et fonctionnement de la HAC et 87 de loi n 019/2006 du 9 août 2016 portant code de la communication en République gabonaise.