Reporters sans frontières (RSF) et ses partenaires, l’Agence France-Presse (AFP), l’Union européenne de radio-télévision (UER) et le Global Editors Network (GEN) ont dévoilé le 3 avril, à Paris, le dispositif d’autorégulation des médias visant à lutter contre la désinformation en ligne, dénommée «Journalism Trust Initiative» (JTI).

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Reporters sans frontières (RSF) et ses partenaires, l’Agence France-Presse (AFP), l’Union européenne de radio-télévision (UER) et le Global Editors Network (GEN), ont décidé d’aller en guerre contre la propagation des fausses nouvelles, circulant sur Internet. Ils ont mis en place un dispositif innovant de certification de l’info intitulé Journalism Trust Initiative, (Initiative pour la fiabilité de l’information), visant à favoriser le respect des processus de production journalistique et à donner des avantages concrets à ceux qui les mettent en oeuvre.

Présenté le 3 avril à la faveur d’une conférence de presse, le «Journalism Trust Initiative (JTI)» est un outil qui va créer un référentiel pour le journalisme de qualité, à partir d’un certain nombre d’indicateurs : transparence des médias, indépendance éditoriale, mise en oeuvre de méthodes journalistiques et respect des règles déontologiques. Ces normes seront établies dans le cadre d’un processus concerté sous l’égide du Comité européen de normalisation (CEN), ouvert à compter du 3 avril 2018 aux acteurs concernés du secteur : médias, associations et syndicats professionnels, instances d’autorégulation comme les conseils de presse et les organismes de réglementation, ainsi que plateformes numériques, annonceurs et représentants des intérêts des consommateurs. L’adoption des règles ouvrira la voie à un processus de certification.

«Dans le nouveau système de l’espace public, les informations fausses circulent plus vite que les vraies : la défense du journalisme suppose de renverser la logique en donnant un avantage réel à tous ceux qui produisent des informations de manière fiable, quel que soit leur statut. Nous avons conçu un dispositif d’autorégulation fondé sur une analyse globale du champ de l’information, qui permet de relier les aspects déontologiques aux questions économiques. Nous croyons profondément que notre initiative contribuera à favoriser l’intégrité du débat public en garantissant le pluralisme le plus large», a déclaré le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire.

Selon les initiateurs du projet, les avantages envisagés sont nombreux : les médias certifiés pourraient figurer sur une liste blanche à destination des annonceurs. Ceux-ci ont déjà manifesté leur intérêt pour le dispositif. La certification pourrait devenir un critère d’accès aux aides à la presse, par exemple. Autre résultat recherché : aider les plateformes à faire le tri entre contenus fiables et non fiables, en intégrant la certification comme critère dans les algorithmes de tri des contenus.