Si le ministre de la Communication a récemment insinué qu’on pourrait aboutir à une redevance audiovisuelle, l’on se demande encore pourquoi les téléspectateurs devraient payer.

Résultats Google Images sur le thème «L’ombre de Liberty» © Capture d’écran par Gabonreview

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A l’ère du basculement au numérique, le téléspectateur gabonais continue d’attendre de voir ce qui a changé ou qui va changer sur son écran. Pour le moment, rien du tout. Sinon, quelques films venus de l’autre côté de l’atlantique.

Récemment, le ministre de la Communication a annoncé que le gouvernement s’attelait à la mise en place d’une redevance télévisuelle. Une idée qui avait surpris plus d’un, l’opinion en étant réduite à se demander ce que proposent les médias de service public. Si Alain-Claude Billie-By-Nzé relevait que «cette redevance va permettre d’asseoir le fonctionnement des médias, aussi bien sur le plan financier que sur le contenu», il est clair qu’il faudra d’abord revoir leurs programmes et contenus. Car la télévision moderne ne s’accommode pas du visage que présente la télévision gabonaise. Il faut donc des programmes de bonne qualité et en quantité. Le constat actuel est clair : la télévision gabonaise, toutes chaines confondues, est considérablement extravertie. Les programmes viennent le plus souvent d’ailleurs. C’est donc la culture des autres qui est vendue.

En clair, les chaines gabonaises font la promotion d’autres pays et de leurs cultures. Pourtant, une production locale existe, à, l’instar de la série «Pango et Wally», diffusé sur A+, la chaine africaine de Canal+, ou encore les productions de l’Institut gabonais de l’image et du son (Igis) tels que «L’Auberge du salut», «Les années école», «Le singe fou», «Raphia», «Les couilles de l’éléphant», «Le collier du Mokoko», «L’ombre de Liberty», «L’œil de la cité» mais aussi les nombreux documentaires produits dans le cadre des Escales documentaires de Libreville ou encore les productions des cinéastes gabonais outsiders, à l’instar de Melchi Obiang ou Patrick Boueme, sans compter ceux de leur précurseur André Ottong, aujourd’hui décédé. Un inventaire s’impose auquel est bien rompu Imunga Ivanga, le patron de Gabon télévision.

En parlant de cette redevance, Alain-Claude Billie-By-Nzé n’avait pas donné de précisions. A demi-mots, il reconnaissait que le téléspectateur ne pourra participer que si les médias offrent des contenus alléchants. Dès lors, il est évident que ce projet passe par l’amélioration du cadre de travail des communicateurs, en commençant par la révision des statuts afin de les adapter à l’environnement actuel.

Le commun des Gabonais attend impatiemment ces développements et surtout le boom de la création et de la qualité. Une chose est sûre : cette production demande des moyens que les chaînes de télévision n’ont pas forcément. Il faut donc redoubler d’ingéniosité pour tirer son épingle du jeu. Mieux, il faut s’arrimer aux standards et exigences de cet univers ultra concurrentiel, en attendant le verdict des téléspectateurs.