Lassés d’attendre depuis des années leur reconnaissance officielle, les praticiens de la médecine traditionnelle ont récemment interpelé le président de la République et le gouvernement, en vue de la régularisation de leur situation professionnelle.

Pour «les services rendus à la nation», les tradi-praticiens gabonais réclament leur reconnaissance officielle. © www.clicanoo.re

 

Réclamée par les praticiens depuis des années, la reconnaissance officielle de la médecine traditionnelle au Gabon se fait toujours attendre. Les interpellations des professionnels du secteur, lors de la phase sociale du dialogue national d’Agondjé en 2017, semblent n’y avoir rien fait. Aussi, à l’occasion de leur récente assemblée générale à Ntoum, les responsables de l’ONG Manga Lissoumba ont une nouvelle fois invité les autorités publiques à se pencher sur leur statut. Les tradi-praticiens craignent pour la préservation et la transmission de leurs connaissances, face au doute et à la méfiance de certains.

Pour Valentin Koumba Moanda et ses compères, seule une véritable reconnaissance de leur domaine d’activité permettra d’assurer sa pérennité. «Qui bloque ? Est-ce l’Etat ou est-ce le fait de certains tradi-praticiens qui ne veulent pas travailler ?» s’est interrogé, sur Télé’Africa, le président de l’ONG Manga Lissoumba, tout en invitant Denise Mekam’ne, la ministre d’Etat en charge de la Santé, à s’intéresser à leur situation. «La seule personne capable de résoudre notre problème, est madame le ministre de la Santé, avec l’appui du président de la République. Et de là, la médecine traditionnelle retrouvera ses lettres de noblesse», a-t-il estimé.

Si les praticiens de la médecine traditionnelle gabonaise en sont à interpeler Ali Bongo, ils assurent avoir tenté de discuter de leur statut avec Denise Mekam’ne. Celle-ci, ont-ils dit, n’a pas daigné répondre à leur courrier. Or, à ce jour, ils considèrent qu’ils exercent «sans actes de naissance». «Nous demandons donc aux gouvernants de prendre leurs responsabilités en nous donnant nos actes de naissance. Que le président de la République prenne ce dossier en main. Les tradi-praticiens sont traités comme des moins que rien, en dépit du travail qu’ils effectuent, les services qu’ils rendent à la nation», s’est plaint Valentin Koumba Moanda.