Les membres de la plate-forme nationale de la société civile (PNSC), en partenariat avec l’organisation nationale des employés du pétrole (Onep), ont réclamé du gouvernement le 10 mars 2017, l’expulsion du directeur général de Maurel & Prom, Christophe Blanc, pour «sa responsabilité directe» par rapport aux agressions des travailleurs en grève sur site.

Les acteurs de la société civile et le secrétaire adjoint de l’Onep, lors de la déclaration. © Gabonreview

 

A la faveur d’une déclaration commune, lue le 10 mars, au siège de l’ONG Brainforest, les membres de la plate-forme nationale de la société civile, en partenariat avec l’organisation nationale des employés du pétrole (Onep), ont décidé d’engager des actions pour l’expulsion du directeur général de la société pétrolière Maurel & Prom.

Il est reproché à Christophe Blanc, une implication directe par rapport aux agressions des travailleurs de Maurel & Prom en grève, sur le site Onal, le 23 février dernier. A cela s’ajoute la pollution environnementale sur le site Onal, du fait du remplacement des travailleurs en grève par un personnel extérieur, les violations délibérées et flagrantes de la dignité de la personne humaine et violations des droits des travailleurs gabonais.

«Nous disons que nous n’accepterons plus ces manières d’agir. Nous allons user de tous ce que nous avons en notre possession, au niveau nationale et internationale, pour que les multinationales qui sont installées ici et qui se comportent de la sorte puissent savoir que le Gabon n’est pas un pays conquis», a assuré le coordinateur national de «Tournons la page», Marc Ona Essangui.

Selon le secrétaire adjoint de l’Onep, l’intervention policière sollicitée par le directeur général de Maurel & Prom aurait occasionné 15 blessés légers, quatre évacuations sanitaires du site Onal vers Port-Gentil. «Face à cette violence inédite dans un lieu à haut risque où la moindre étincelle peut embraser un périmètre de plus de cinq kilomètres, les éléments de force de sécurité ont mené une violence, ils ont tiré des coups de feu», a déploré Sylvain Mayabi Binet.

Face à la situation qui persiste au sein de cette compagnie pétrolière et les actes prétendument posés par son directeur général, en «violation du droit de grève» consacré par la constitution, les membres de l’Onep annoncent le dépôt imminent d’un préavis de grève dans le secteur pétrolier et activités connexes. «Il faut que des mesures, des dispositions légales et règlementaires et un moratoire soient pris, conjointement avec le gouvernement, le patronat du secteur pétrolier et les syndicats du pétrole, pour qu’on s’accorde, pour que plus jamais de tel drame ne se produise dans le secteur pétrolier», a indiqué Sylvain Mayabi Binet.