Le ministre de l’Intérieur et le président du Mouvement populaire des radicaux (MPR) semblent être engagés dans un combat au terme duquel seul le plus déterminé l’emportera.

Lambert-Noël Matha et Féfé Onanga, deux adversaires ? © Gabonreview/ montage

 

Plus déterminé que Féfé Onanga, au sein de l’opposition, beaucoup s’accordent à reconnaître qu’il n’y en a pas de sa trempe. Fervent soutien de Jean Ping, l’homme apparaît comme un des principaux représentants de l’ancien candidat à la présidentielle d’août 2016 à Port-Gentil, mais aussi dans toute la province de l’Ogooué-Maritime. Il y a plus d’un an, il a lancé dans la capitale économique du Gabon le Mouvement populaire des radicaux, qu’il s’emploie à rendre actif sur le terrain depuis. Plusieurs meetings, mobilisations et autres rassemblements sont à mettre à son actif. Ceux-ci ont d’ailleurs compté dans les résultats plutôt satisfaisants obtenus par le candidat Jean Ping lors de la dernière présidentielle dans la province.

Seulement, le MPR, n’est pas habilité à organiser des manifestations politiques, ni à Port-Gentil ni ailleurs au Gabon. C’est en tout cas ce que n’a pas cessé de rappeler à son président Lambert-Noël Matha ces derniers mois. Le ministre de l’Intérieur l’a tant et si bien rappelé à chaque fois qu’il en a eu l’occasion que les courriers échangés avec Féfé Onanga, récalcitrant, se sont retrouvés publiés dans la presse nationale et sur les réseaux sociaux. Si Lambert-Noël Matha lui rappelle la loi sur les rassemblements populaires et la légalisation des partis et mouvements à caractère politique en République gabonaise ; en réponse, le leader du MPR tente de lui faire la leçon en estimant que le droit est de son côté, du fait que son mouvement est légal depuis janvier 2017. Ce qui a le don d’irriter le membre du gouvernement. Depuis, les deux hommes semblent engagés dans un combat au terme duquel seul le plus déterminé l’emportera.

Toutes les manifestations de Féfé Onanga et du MPR sont désormais interdites. Cela s’est une nouvelle fois vu le week-end dernier à Port-Gentil avec l’irruption de plusieurs agents des forces de police (dont certains encagoulés) dans une cour où le mouvement «prohibé» tenait une causerie. Une intrusion qui est apparue par le propriétaire des lieux comme «une violation de domicile». Une raison de plus pour accentuer la détermination du leader du MPR, dont un des lieutenants s’est interrogé, samedi 25 novembre, alors que son discours était épié par des policiers en faction devant le domicile accueillant leur causerie :

«Nous sommes légalisés. Si on veut nous tuer, qu’on nous tue. (…) Pourquoi n’aurions-nous pas le droit de parler ? Le fils de Gabriel Tchango a lancé son mouvement politique il n’y a même pas six mois. A quel moment celui-ci a-t-il été légalisé pour tenir des meetings nuit et jour ici à Port-Gentil ?»

La causerie du MPR à Port-Gentil a finalement été dispersée par la police. Résultat des courses : trois membres du mouvement arrêtés puis relâchés quelques heures après. Lambert-Noël Matha et Féfé Onanga, égalité sur le score ?