Le ministre de la Fonction publique est revenu, le 12 juillet à Libreville, sur la nécessité des réformes visant à réduire significativement la masse salariale estimée à 710 milliards de francs CFA.

Le ministre de la Fonction publique Ali Akbar Onanga Y’obeghe, le 12 juillet 2018. © Gabonreview

 

Face à l’évolution jugée anormale de la masse salariale, le ministre de la Fonction publique a décliné, le 12 juillet à Libreville, les éléments du processus retenu pour réformer la fonction publique gabonaise. Selon Ali Akbar Onanga Y’obeghe, ces éléments sont classés en deux catégories avec les mesures conjoncturelles, d’une part, et les mesures structurelles d’autre part. Ces modalités, dont certaines sont boudées par les agents de l’État, viseraient «à engranger des économies et les orienter vers le financement des politiques publiques bénéfiques aux couches sociales des plus vulnérables».

«Les agents publics doivent bien comprendre que le gouvernement se mobilise en leur faveur pour garantir les bonnes conditions de travail, le principe d’un parcours professionnel ascendant, la qualité du service, la dignité de l’agent public, le versement régulier des salaires. C’est dans cette optique, qu’est mise en œuvre la refondation du système de gestion de l’agent public tant sur le plan conjoncturel que structurel», a soutenu le ministre de la Fonction publique.

Une trentaine de mesures a été publiée à cet effet. Parmi celles-ci, figurent en bonne place l’application des décotes de traitement de l’ensemble des Institutionnels et autres autorités administratives, les rémunérations des cabinets et les autres fonctions administratives ; la dénonciation de contrats de tout contractuel ayant plus de 60 ans y compris tous les fonctionnaires maintenus en activité ayant plus de 60 ans ; la mise à la retraite immédiate des agents absents pour cause de maladie de longue durée ; l’examen des situations administratives, avancement et reclassement après 2015 ; l’examen des situations des agents publics en service dans les établissements publics et percevant une double rémunération.

Le gouvernement a également annoncé l’audit de la masse salariale ; l’interdiction de recrutement de la main-d’œuvre non permanente ; le gel des recrutements en qualité de contractuel hors statut des agents déjà à la retraite ; le gel des concours, des mises en stage, des titularisations, avancement et reclassement pour une durée de trois ans ; l’assainissement des fichiers des indemnités de logement et de transport, du fichier des titulaires de fonction pour mieux évaluer le niveau des indemnités indues et la mise en place d’une pointeuse dans toutes les administrations publiques.

Autant de mesures devant permettre de juguler la hausse anormale de la masse salariale estimée à 710 milliards de francs CFA, représentant 59% des recettes fiscales (1205 milliards de francs) dans la loi de finances 2018. Les fruits tiendront-ils la promesse des fleurs ? Certaines d’entre elles ont déjà le destin de feuilles mortes.